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nazisme - Page 3

  • Le joueur d’échecs - Stefan Zweig

    zweig.jpgLe narrateur embarque pour une croisière avec à son bord Czentovic, le champion du monde d’échecs, être fruste, simple, cupide, vaniteux qu’il essaie de rencontrer, puis de battre au jeu. Aucune chance jusqu’à ce qu’intervienne le docteur B., un homme mystérieux, victime d’une expérience horrible menée par les nazis.

    La dernière nouvelle écrite par Zweig. On reconnaît sa signature. Deux histoires qui s’emboîtent pour donner un récit haletant et inquiétant autour des échecs. Une de ces passions déchirantes que Zweig aime décrire avec un talent unique. Que ce soit chez Czentovic, chez le mystérieux docteur B. ou même chez le narrateur, chez les spectateurs des différentes parties d’échecs, la passion des échecs est omniprésente, mené à un paroxysme et à une folie lorsqu’intervient finalement l’histoire et les affreux remous du national-socialisme. C’est peu de dire que l’on est entraîné le long des pages par la fascination de ces deux personnages atypiques, captivés par leur confrontation et surtout effrayés par le terrible secret du docteur B.

    Le joueur d’échecs est bien plus qu’une condamnation du régime nazi. Une œuvre symbolique de ce brillant conteur d'histoires.

  • Inconnu à cette adresse - Kressmann Taylor

    kressmann.jpgC’est une nouvelle réussie. Simple et percutante, elle part d’une bonne idée. Dénoncer l’Allemagne nazie et l’arrivée au pouvoir d’Hitler à travers la correspondance de deux amis. Max le juif et Martin l’allemand.

    Installés des deux côtés de l’Atlantique, les deux amis, très liés, sont associés au sein d’une galerie d’art à San Francisco. La dégradation de leur échange épistolier est le reflet d’une réalité cruelle.

    La forme épistolaire permet de mettre en lumière la censure, mais aussi de jouer sur les non-dits. Le tragique est finalement au bout de l’histoire. Cette nouvelle mérite son succès, servie par sa forme, sa sobriété et un titre bien trouvé.

    Simple et efficace.

  • Une trop bruyante solitude - Bohumir Hrabal

    une trop bruyante solitude.jpgC’est un livre sur un vieil homme dont la vie tourne autour de sa vieille presse qui lui sert à pilonner du papier. Ce qui ne pourrait être qu’un sordide emploi est toute sa raison de vivre, car il ne fait pas que broyer du papier pour en ressortir des ballots, c’est un artisan de la presse, un travailleur du papier qui choisit ses ouvrages pour donner valeur et sens à chaque balle. C'est dire!

    C’est par la figure originale de ce vieillard à la tâche insensée, ce Sisyphe, que Bohumil Hrabal aborde l’amour, la passion des livres, du savoir. Il exalte des chefs d’œuvre et dresse une ode à la littérature. Son vieillard solitaire est un héros anti moderne qu’il dresse contre une société communiste qui écrase l’Art. Ce dernier essaie d’une façon absurde et un peu ridicule de sauver les livres et leurs messages dans une solitude effrayante et pathétique. Il se dresse contre la modernité qui essaie de l’écraser ou de l’enrôler, contre l’histoire qui essaie de le broyer, de le prendre dans sa roue infernale. Nazisme, communisme, productivisme moderne, uniformisation, Histoire, la critique est fine et voilée derrière les obsessions et les histoires un peu dingues de ce vieillard solitaire qui représente aussi un monde qui ploie et qui meurt.

    Les amateurs de style ne seront pas déçus non plus avec une gouaille, une voix, un rythme qui font exister le vieil héros et donnent vitalité et puissance à l’inventivité offerte par chacun de ses souvenirs, chacune de ses péripéties.

    Bien.