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  • La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique – Martin Page

    9782757821640.jpgFrance, Paris, mi-décembre, Fata Okoumi, riche femme d’affaires africaine de passage à Paris, reçoit sur le crane un coup de matraque d’un policier parce qu’elle se refuse à un contrôle d’identité. C’est donc cette bavure qui donne l’occasion au narrateur, Mathias, l’un des gratte-papiers du maire de la rencontrer. L’objectif : un discours repentant prononcé par le maire en son honneur. Seulement rien ne se passe comme prévu car Fata Okoumi émet le désir de faire disparaître Paris…

    Ceux qui connaissent Martin Page, révélé il y a une dizaine d’années avec comment je suis devenu stupide, retrouveront avec plaisir son écriture dans ce livre. On retrouve dès les premières pages cette fantaisie et cette douce folie qui font la singularité du style de cet écrivain. Il raconte à sa façon décalée et imagée une histoire qui comme le révèle le titre n’a rien de bien commun. La magie fonctionne donc dès les premières pages et il y a quelque chose d’assez rêveur dans le livre qui fait qu’on avance allègrement…avant de progressivement s’engluer dans les longueurs.         

    On pourrait passer outre ces moments ennuyeux, quand Martin Page traîne la plume, ronronnant dans une narration qui fait du surplace. Si ce n’est pas le cas, c’est parce que l’idée cachée derrière La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique n’est pas assez brillante, surprenante même si très allégorique. On l’attend bien trop longtemps pour se contenter de cet artifice même si le propos de Martin Page à la suite est bien plus intéressant. Il est d’autant plus regrettable que sa réflexion, sur ce qu’est Paris aujourd’hui, sur les mutations de cette ville, sur sa dimension fantasmagorique, ne surnage qu’au bout du roman et dans sa postface.

    En fait, la disparition de Paris et sa renaissance en Afrique n’arrive pas à donner plus de force aux thèmes qu’il traite. Le racisme ou encore la politique - notamment de la ville -, la réussite, l’amour ne bénéficient pas d’un traitement quelconque ou banal, bien au contraire - Fata Okoumi est ainsi une victime intéressante, tout comme l’est la relation de Mathias avec Dana par exemple- mais restent d’une certaine façon en retrait, faibles, par rapport à l’omniprésence du moi de Mathias.

    Il n’est pas sûr que ce soit le souhait de Martin Page mais l'être de Mathias relègue tout le reste au second plan. C’est en cela que Martin Page est un écrivain. Il arrive à nous faire partager la difficulté d’être de son personnage qui est un peu anachronique, différent, un handicapé de la vie moderne. C’est aussi en cela qu’il rate son coup car Mathias est un peu l’alter ego des personnages de ses autres romans. Il y a pour ceux qui les connaissent une certaine répétition. Sans doute l’occasion d’écrire une œuvre singulière à partir de prémisses intéressants a-t-elle été aussi manquée à cause de cela.

    Décevant.

  • Accident nocturne - Patrick Modiano

    acc noct.jpgLe narrateur est heurté par une voiture alors qu'il se promène à Paris. Au volant, une femme. Très vite, ils sont mystérieusement pris en charge par un homme qui les conduit à l'hôpital puis s'assure de la fin de l'affaire: il fait signer au narrateur une déclaration qui clôt l'incident et lui laisse une enveloppe pleine de billets.

    Qui est cet homme qui achète le silence du narrateur ? Et cette femme qui répond au nom de Beausergent ? Pourquoi cette somme d'argent et tout ce mystère ? De tout ça, on ne saura pas vraiment grand chose et cela n'a pas d'importance. Cette intrigue est un prétexte pour laisser ensuite libre cours aux déambulations du narrateur, un solitaire un peu paumé qui semble à la poursuite d'un passé brumeux. Ses excursions dans certains quartiers de Paris coïncident avec des bouts de souvenirs, ilots dans l'obscurité de son enfance apparemment trouble.

    A vrai dire, le tout est évasif et un tantinet ennuyeux. D'accord il y a bien ce ton mélancolique, désabusé, l'évocation - légère - du Paris d'une autre époque, une atmosphère étrange, mais force est de reconnaître quand même un certain manque de solidité, d'intérêt à tout ça. C'est brumeux, l'intrigue n'est pas vraiment exploitée, inexistante, les personnages manquent de chair, pâles, et l’évocation du passé reste un peu inutile, brouillonne, comme jetée au vent.

    Il y a bien cette idée d'éternel retour des personnes, des évènements dans la vie du narrateur, mais je reste peu convaincu par l'utilisation qui en est faite. Il ne lui est pas vraiment donnée la possibilité d'avoir un réel impact.

    Un livre fade.