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solitude - Page 4

  • Piazza Bucarest - Jens Christian Grondhal

    piazzabucarest.jpgVoici Scott et Elena, deux portraits, deux solitudes qui se sont rencontrées et qui se sont manquées. C’est leurs vies que nous raconte le narrateur. Il est le fils adoptif de Scott. C’est donc normal qu’il commence par parler de l’existence de celui qui semble être plus un ami qu’un père.

    L’histoire de Scott le mène des Etats-Unis au Danemark. C’est un homme plutôt passif, prude et contemplatif. De ceux qui traversent l’existence sans bruit particulier, se laissant porter par les eaux, en retrait, loin de la course et de la folie du monde. A l’occasion d’un voyage de travail sous la Roumanie de Ceausescu, il rencontre Elena. Elle est sa guide lors de son bref séjour. Alors que ne se profile à l’horizon qu’une hypothétique coucherie sans avenir, Scott fait d’Elena la deuxième femme de sa vie après Vicky, la mère du narrateur. Dans un moment étrange de douce folie, il propose à Elena de l’épouser, uniquement pour le suivre à l’Ouest, pour qu’elle échappe à sa réalité étriquée. Entre donc en scène Elena, deuxième portrait. Cette femme mystérieuse bouleverse la vie de Scott et puis s’évanouit. Le narrateur part à sa recherche pour la comprendre. Quel peut-être le passé de cette femme, les raisons aussi qui l’ont poussée à agir ainsi qu’elle l’a fait ?

    Piazza Bucarest est un livre intelligent qui aborde les questions de l’exil, de l’identité, de la quête amoureuse et du poids du passé dans notre existence. Les personnages de Jens Christian Grondahl sont profonds, denses, complexes. Leurs vies sont explorées, leurs sentiments révélés, leurs histoires déroulées avec une certaine distance et en laissant une part de mystère, d’inconnu jusqu’au bout. Il y a quelque chose de touchant et d’humaniste dans la manière dont l’auteur construit ses histoires, approche au plus près des personnages et de leurs vies. Il a une écriture douce amère qui porte une dose de mélancolie et de puissance dans ses réflexions et dans sa narration. Bon.

  • Passer l'hiver - Olivier Adam

    passerlhiver.jpgJ'ai beaucoup apprécié ce recueil de nouvelles construit autour du desespoir. Dans des decors froids, hivernaux - d'où le titre -, des vies se livrent, s'éparpillent dans un malheur petit ou grand: couple qui ne marche pas, misère du travail, agonie d'un être cher, etc. Que du commun qu'il est facile d'appréhender. Les traces de mélancolie et d'épuisement ont une authenticité indéniable. Les connections entre la froide saison et les aventures quotidiennes, minuscules des personnages qui sentent la défaite, la fêlure ajoutent au sentiment d'ereintement, de nostalgie, de lassitude. Les personnages de Passer l'hiver sont en rupture, à la recherche du simple plaisir, du petit bonheur, du petit quelque chose, l'étincelle qui leur arrachera un sourire et ravivera ce qui leur reste d'espoir - et qu'on peut ressentir au détour d'une phrase.

    Un livre chaud et delicat, bizarrement. Bien.

  • Michael K, sa vie, son temps - J.M. Coetzee

    michael k.jpgC’est un livre étrange, sur un personnage qui ne l'est pas moins : Michael K. C’est un homme de peu, un simple d’esprit qui décide de raccompgner sa mère malade sur ses terres d’origine. Au-delà de cette intrigue sommaire, il y a Michael K., c’est à dire une longue errance privée de sens qui semble résumer même une existence. En fait, le personnage éponyme est plongé sans le savoir dans une quête identitaire, existentielle qui s’affirme par une conquête lente et âpre du dénuement extrême. Michael K est une ode à la simplicité, à la nature, à la contemplation, à la marge d’une société technologique, scientifique, rationnelle, guerrière et raciste.

    Le livre propose comme toile de fond, une Afrique du sud sans repères chronologiques en proie à une guérilla que l’on devine menée par les noirs contre les blancs et l’apartheid. Ce contexte sert de cadre de péripéties au héros, mais aussi permet de réfléchir et de critiquer un système, une société . Il fait ressortir aussi l’originalité et la philosophie inconsciente de Michael K, tout comme le personnage de l’infirmier qui sert de miroir pour mieux voir Michael K mais aussi le contexte et l’opposition entre les deux.

    Enfin, le fait que Michael K ne se distingue pas nommément par sa couleur (jamais spécifiée) mais par son originalité, sa simplicité d’esprit, et son physique ingrat permet à l’œuvre de dépasser le cadre de l’Afrique du sud et de prétendre à un message contre toutes les intolérances.