28.12.2009

Dernier noël de guerre – Primo Lévi

Le-dernier-noel-de-guerre.jpgCe recueil a été constitué de nouvelles de Primo Lévi qui ne font pas partie d’autres recueils mais qui sont parues dans ses œuvres complètes au titre de pages éparses. Et le moins que l’on puisse dire après lecture de ces textes courts est qu’ils sont de natures différentes et donc forcément inégales.

Pour commencer par les nouvelles qui me sont apparues comme les moins intéressantes et les moins réussies, je vais évoquer les interviews d’animaux. Primo Lévi se glisse dans la peau d’un journaliste qui interviewe une girafe, une taupe, une araignée ou encore une bactérie logée dans l’intestin humain. En quelques mots : leur humour tombe à plat et ce qu’elles ont à nous dire sur les hommes et leur société est souvent d’une banalité et provoque un certain ennui et un profond désintérêt. C’est vraiment dommage que ces nouvelles occupent une place importante dans le recueil.

Les nouvelles d’inspiration vaguement fantastique, ou encore teintées de science-fiction forment le deuxième contingent du recueil. Si En une nuit possède un certain mystère que je recommande d’explorer et que le Buffet ou encore Etat civil ont des touches plaisantes d’humour et de décalage, Les fans de Spot de Delta Cep s’avère ratée. Ces nouvelles sont globalement peu marquantes et pas d’une folle originalité.

Les nouvelles en forme de souvenirs de Primo Lévi sont plus réussies. La fin du gars de Marineo ou encore la chair de l’ours sont des textes qui portent une certaine intensité, un propos intéressant et font montre d’un art narratif plus captivant à défaut d’originalité. Il n’est pas non plus surprenant que la nouvelle la plus aboutie et la plus marquante du recueil soit celle qui donne son titre à ce dernier. Dernier noël de guerre est un témoignage poignant et fort dans la veine de ceux qui ont fait la notoriété de Primo Lévi – Si c’est un homme, la trêve

Ce recueil de nouvelles assez décevant peut relancer la question de la valeur des œuvres de Primo Lévi qui ne sont pas des témoignages incontournables et capitaux concernant son expérience des camps de la mort.

29.09.2009

L’aleph – Jorge Luis Borges

9782070296668.jpgL’aleph est un recueil de dix sept nouvelles originellement paru dans les années 50. Uniques, ces nouvelles portent l’empreinte de Jorge Luis Borges. C'est-à-dire, outre le fait qu’elles comportent souvent une dimension fantastique, une atmosphère d’étrangeté, elles suintent l’érudition et sont truffées de références littéraires, historiques, culturelles, directes ou implicites. Ce sont des constructions originales qui ouvrent des pistes de réflexion sur des thèmes classiques : l’immortalité, la vengeance, etc. Parfois, les nouvelles de Jorge Luis Borges ne tiennent que sur un concept, une idée autour de laquelle est brodé avec plus ou moins de réussite le texte. Ce qui peut amener à relativiser  la valeur de certaines de ses nouvelles. Mais celles d’aleph dont je rends compte ci-dessous sont en majorité réussies et font montre d’une rare intelligence:

1/ L’immortel : une nouvelle réussie sur l’immortalité et sa quête. Elle a un rythme soutenu avec un enchaînement d’aventures qui mêlent mythologie, histoire et littérature – on y croise Homère…L’idée : le contraire de toute chose existe quelque part.

2/ Le mort : l’histoire d’un argentin qui devient bandit en Uruguay et, très ambitieux, désire grimper dans sa bande jusqu’à être Calife à la place du Calife. Ca ne se passe pas comme prévu. Nouvelle plaisante, avec un dénouement surprenant. Rien de plus.

3/ Les théologiens : nouvelle sur la bataille entre Aurélien et Jean de Pannonie, deux gardiens de l’orthodoxie chrétienne qui démontent les hérésies. Tous les deux finissent sur le bucher. Ironie. Nouvelle aussi sur la jalousie et le talent car c’est Aurélien qui amène la chute de Jean, bien plus brillant. Nouvelle très intéressante et très érudite.

4/ Histoire du Guerrier et de la Captive : réflexion sur l’intégration et l’assimilation qui prend à la fois appui sur l’histoire d’un guerrier longobard au sixième siècle et celle d’une anglaise chez les indiens. Nouvelle intelligente.

5/ Biographie de Tadeo Isidoro Cruz : c’est une nouvelle sur la découverte subite et brutale de sa nature profonde, de sa destinée par un homme. L’illustration par l’histoire de Tadeo Isidoro Cruz vaut surtout pour sa chute.

6/ Emma Zung : Ma nouvelle préférée. La vengeance machiavélique d’une jeune fille. Brillant stratagème.

7/ La demeure d’Astérion : Une nouvelle qui fait référence à la mythologie et à l’un de ses personnages d’un point de vue interne. Original et mystérieux jusqu’à son dénouement.

8/ L'Autre Mort : nouvelle sur les modifications de l’histoire et les paradoxes spatiotemporels qui est péniblement illustrée à travers les doutes et les changements dans la biographie d’un gaucho.

9/ Deutsches Requiem : Une de mes nouvelles préférées du recueil. Le nazisme vu de l’intérieur. Après la défaite, avant son exécution, les pensées d’un bourreau sur ce qu’a été cette idéologie et son application. Glacial.

10/ La Quête d'Averroës : nouvelle un peu ennuyante sur le sens des mots, avec un Averroes qui bute lors de la traduction d’Aristote sur les mots comédie et tragédie.

11/ Le Zahir : ou le thème de l’obsession. Il s’agit ici d’une pièce de monnaie. Bof.

12/ L'Écriture du Dieu : Une nouvelle à l’atmosphère étrange, très prégnante, à l’histoire originale entre la folie, l’obsession et le mystique. Un homme enfermé avec, de l’autre côté des barreaux qui séparent la cellule en deux, un jaguar. Il est à la recherche d’une phrase, d’un mot ultime pour se libérer.

13/ Abenhacan et Bokhari mort dans son labyrinthe : l’histoire d’un homme qui se cache dans un labyrinthe pour échapper à un poursuivant. Une espèce d’histoire policière dont la solution révèle une histoire autre que celle qui est d’abord perçue. Exercice intéressant, pas inoubliable.

14/ Les deux Rois et les deux labyrinthes : Très courte et très brillante. Nouvelle sur la nature polymorphe du labyrinthe qui n’est pas toujours ce qu’on croit. Une histoire de vengeance aussi.

15/ L'attente : peut-être lue comme une histoire sur la destinée. Un homme se cache visiblement par peur de quelque chose qui relève de l’inéluctable. Pas si originale.

16/ L'homme sur le Seuil : une nouvelle plutôt faible sur ce qui est arrivé à un juge impitoyable, délégué par l’administration anglaise en Inde, pour ramener l’ordre dans une province.

17/ L'Aleph : dommage que l’idée originale de cette nouvelle, l’aleph lieu ou objet qui permet de voir tout l’univers d’un coup, soit noyée dans une histoire manquant d’intérêt, mais pas de longueurs...

Ce recueil est à lire.

29.06.2009

Le livre de sable - Jorge Luis Borges

le%20livre%20de%20sable.jpgPublié en 1975, le livre de sable est un recueil de 13 nouvelles qui fait la part belle au fantastique et à l’onirique. C’est un livre qui n’est pas facile à appréhender et à côté duquel on peut passer sans faire attention. Ce parce qu’il est délibérément éloigné du conventionnel. Aux amateurs de passion, d’émotion et de lyrisme, il faut s’apprêter à affronter une narration sobre, sans fioritures, un style dépourvu de circonvolutions et une langue qui ne brille pas par son exubérance et sa complexité. Pour ceux qui sont effrayés par l’érudition, il faut reconnaître que le livre est truffé de références littéraires directes et indirectes qui aident à saisir l’intérêt des nouvelles et enrichissent leur contenu. Jorge Luis Borges, pédant ? A coup sûr, contrairement à ses propos affichés sur la quatrième de couverture. A vrai dire, il faut également s’affranchir du réalisme et de la linéarité et l’existence d’une intrigue pour commencer à apprécier ce recueil, pour pénétrer une atmosphère de folie et de rêve qui permettent de donner une densité profonde aux thèmes présents dans chaque nouvelle.

Si le livre de sable n’est pour moi pas un livre référence, pas une œuvre qui m’a vraiment touché, ou profondément marqué, Jorge Luis Borges apparaît comme un maître après lecture de ces nouvelles – il est indéniablement un fin connaisseur en termes de littérature et un excellent imitateur -, je dois reconnaître avoir été stimulé et parfois intrigué par les nouvelles dont je donne un avis détaillé ci-dessous. C’est parfois d’un vide abyssal, parfois d’une créativité remarquable. A chacun de se faire un avis…tranché  ?

 

1/ L’autre qui met en scène la rencontre fantastique du vieux Jorge Luis Borges avec son jeune moi sur un banc qui semble courber l’espace-temps peut se résumer à cette citation tellement banale et tellement profonde qui en est tirée : L’homme d’hier n’est pas l’homme d’aujourd’hui. Sur le thème de l’incommunicabilité, mais aussi du double, du caractère fluctuant du moi, cette nouvelle a quelque chose de dense et de mélancolique en montrant une rencontre de fantastique qui relève plus du regard en arrière. C’est une nouvelle intéressante et touchante.

 

2/Ulrica ou l’amour fugace d’une norvégienne qui disparaît comme dans un rêve, est une nouvelle qui semble un peu vide, sans émotion, sans profondeur autre que cette atmosphère onirique qui est comme une coquille vide au vu de cette histoire sans intérêt. Au dire de l’auteur la parenté formelle avec l’autre est à remarquer…Bof.

 

3/ Le congrès se veut une fable ambitieuse sur une entreprise si vaste qu’elle se confond avec le monde selon les dires de l’auteur. En fait ce qui transparaît vraiment, c’est la vacuité de l’entreprise dont il s’agit et son caractère un peu comique en raison du décalage avec l’atmosphère du récit.

 

4/ There are more things est un conte à la façon de H.P. Lovecraft et en ce sens une réussite. L’atmosphère, la manière dont le fantastique est amené et l’imaginaire qui lentement est porté jusqu’à un pinacle dont on ne saura rien. Bon exercice littéraire et bijou de fantastique.

 

5/ La secte des Trente ou quand Jorge Luis Borges s’essaie à inventer une hérésie…Très moyen et finalement pas si original que ça. L’auteur s’amuse le lecteur s’ennuie. Ca a le mérite d’être bref.

 

6/ La nuit des dons est restée non décryptée pour moi, même si un peu de la violence, de l’exaltation, de l’innocence qu’affirme vouloir faire passer l’auteur se ressent à la lecture.

 

7-8/ Le miroir et le masque ainsi qu’UNDR sont deux nouvelles qui se ressemblent et qui tournent autour du même thème : la recherche d’une sorte de mot ultime censé tout contenir et tout exprimer. Ces nouvelles ne sont pas tant réussies qu’intéressantes pour les idées qu’elles explorent brièvement sur le langage.

 

9/Utopie d’un homme fatigué est une nouvelle que je n’ai pas aimée. C’est simple l’utopie qui y est décrite me semble vide et sans intérêt, n’évitant pas quelques écueils. Quand au vieil homme, le moins qu’on puisse dire est qu’il est fatigué pour imaginer quelque chose d’aussi fade.

 

10/ Le stratagème est une nouvelle assez convenue qui part d’une observation un peu simpliste sur l’Amérique et le peuple américain pour mettre en œuvre une histoire d’ambition et de piège qui n’est pas si surprenante.

 

11/Avelino Arredondo  part d’une histoire réelle, l’assassinat d’un président Uruguayen par un révolutionnaire. C’est une nouvelle assez classique qui dénote des autres mais qui est plutôt réussie et qui montre un exemple de détermination absolue, d’ascèse et de destin.

 

12/ Le disque est une nouvelle réussie, très brève sur le désir, l’envie et aussi l’avidité concentrés sur un objet. La nouvelle ressemble à un conte moral.

 

13/ Le livre de sable qui donne son titre au livre contient une idée brillante, celle d’un livre mystique aux propriétés uniques. Il y a de la folie et de la tension dans cette nouvelle intrigante et effrayante à la fois.

 

En résumé, environ la moitié des nouvelles m’ont réellement intéressé ou plu. Peut-être que j’attends un peu plus de Jorge Luis Borges.

19.06.2009

Nouvelles - J.D. Salinger

513DQXVH3GL__SL500_AA240_.jpgLe mythe de J.D. Salinger a bien du mal à s’affirmer avec ce recueil de nouvelles un peu pâles. Il y a dans la plupart des nouvelles, un goût d’inachevé que ne parvient pas à éclipser ce climat d’innocence perdue, cette nostalgie adolescente si chère à l’auteur - ce sont en partiedes écrits de jeunesse. On frôle généralement l’ennui de trop près en dépit des fortes figures adolescentes, enfantines qui portent ces textes courts. Restent quelques réussites tragiques, amères, qui baignent dans une ambiance unique comme, un jour rêvé pour le poisson-banane, jolie ma bouche verts mes yeux, et surtout Teddy. De quoi faire pencher de justesse la balance du côté positif ?

14.05.2009

Dernières nouvelles du bourbier - Alexandre Ikonnikov

ikonnikov.jpgLa nouvelle est un art tellement difficile que je ne peux modérer mon enthousiasme devant ce recueil. Alexandre Ikonnikov a réussi à éviter les écueils de ces récits courts. Les siens sont drôles, vivants et bénéficient – fait appréciable – de chutes réussies. En plus du plaisir de lecture et d’un savoir faire manifeste, le livre se flatte d’avoir une profondeur mélancolique, ironique et drôle à la fois. C’est un portrait sans concession de la Russie moderne. Chaque nouvelle est une prise de conscience de ses démons présents, passés et de son état de délabrement au tournant des années 2000. Cette grande étendue croule sous la vodka, le passé, la tristesse…La drôlerie amère de Ikonnikov la restitue avec un talent considérable. Irrésistible.

13.05.2009

Contes de la folie ordinaire - Charles Bukowski

cdlfo.jpgCe qu’il y a d’incroyable et de fascinant dans les livres de Bukowski, c’est ce détachement total par rapport à ce qu’est la vie moderne et la morne réalité de l'individu lambda. Charles Bukowski est passé à un moment de l’autre côté de la ligne qui semble définir la limite de la classe moyenne et de sa morale. Le point de non retour. Il est devenu un clochard, un marginal, un de ces êtres qui effraient le badaud lorsqu’il le croise dans la rue ou dans tout autre endroit que dans un livre. Il vit dans un autre monde. Pour lui, il n’y a pas de réalité hors de l’alcool, du sexe, de la violence et pourquoi pas d'un peu d’écriture. C’est sa façon à lui, moqueuse et nihiliste de se foutre du monde et des hommes depuis là-bas, son QG dans la fange. Il jette à la face de tout un chacun, son langage ordurier, son univers glauque, ses histoires démentes et proclame indirectement la faillite du monde contemporain et dénonce ses illusions. Il y a parfois une poésie âpre et acide qui se dégage de ce livre, une sensation de dévastation intérieure totale due à une puissance déchue, broyée. Sacré personnage, pense t-on, même si finalement, cette répétition brute et pas toujours maîtrisée de sexe, de violence et de merde peut lasser dans la mesure où Bukowski est assez répétitif, totalement mégalomaniaque et parfois inconsistant. Il y a par moments un manque de qualités littéraires que ne peut totalement compenser cet univers unique. 

Chanson de la neige silencieuse - Hubert Selby Jr

a81deae308cc9634e821b30c9b9569ab_01.jpgJe suis déçu par ce recueil de nouvelles d'Hubert Selby Jr. Il est trop inégal, bien souvent trop faible. Peu de nouvelles surnagent et arrivent à accrocher le lecteur. On ne retrouve que par moments, comme des éclats de pierres précieuses dans la boue, ce qui fait d'Hubert Selby Jr un écrivain unique. Quelquefois, il y a ces phrases, ces passages, ces instants d'une rare violence sentimentale, d'une tristesse douloureuse, d'une détresse insurmontable qui nous rappellent ce qu'Hubert Selby Jr peut faire. Dommage que ce ne soit que des soubresauts qui ne tirent qu'épisodiquement le lecteur d'un ennui général. On est loin de l'excellence des romans d'Hubert Selby Jr. Bof.

Au sud de nulle part - Charles Bukowski

sud.jpgDu sang, de l’alcool, de la merde, du sexe, voilà les ingrédients qui composent l’univers glauque du mythique écrivain américain. L'Amérique de Charles Bukowski a un sale visage raviné par le désespoir et l’abîme. L’errance destructrice est au cœur de son œuvre acide. Il y a dans cette existence au plus profond de la fange qu'il décrit, quelque chose de fascinant qui explique son immense succès.

Pourtant à regarder de près, il y a beaucoup à redire à la lecture d’au sud de nulle part. Le langage ordurier et pathétique de l’auteur est en conformité avec son univers, donc les critiques ne portent pas tant sur ce vocabulaire et ce style qui peuvent déconcerter les amateurs de prose ciselée, raffinée et attirer les autres. Non, le problème avec Bukowski est sa mégalomanie obsessionnelle très vite lassante, tant elle est omniprésente et répétitive. Il y a bien quelques nouvelles intéressantes – Maja Thurup ; Solitude ; Les tueurs ; Un boulot comme un autre –, une certaine drôlerie et de l'impertinence mais on s’ennuie très vite avec les histoires du vieux Hank qui se ressemblent toutes un peu et finissent par indifférer même si elles sont drôles et créent un personnage à l'aura et à l'expérience uniques, ainsi qu'un univers totalement déjanté et spécifique.

La vie de Bukowski, tout comme son desespoir face à l'existence et son courroux envers la société sont extraordinaires, malheureusement son œuvre romanesque l'est un peu moins. Il faudrait peut-être se l'avouer.

Arrêt sur le ponte vecchio - Boris Pahor

ponte vecchio.jpgLes nouvelles de ce récit portent les blessures intimes de Boris Pahor, grand écrivain slovène, qui sont liées au destin de la Slovénie et à l'histoire. Elles racontent les persécutions dont on été victimes la minorité slovène en Italie par le régime fasciste de Mussolini durant l’entre deux guerres : l’interdiction de parler leur langue, l’incendie de la maison de la culture slovène à Trieste, la torture d’un maître de chant slovène, les humiliations, les intimidations. La grande histoire est une toile de fond, un décor difficile dans lequel les nouvelles s'insèrent pour malmener les protagonistes. Ces nouvelles parlent également de la vie dans les camps de concentration où l’auteur a séjourné - cf.Pèlerin parmi les ombres -, de ses épreuves. Elles abordent le difficile retour à la vie normale après cette terrible épreuve, le regard des autres, de la famille, la recherche de l’amour, la libération, ses filles et ses soldats américains. Elles racontent le combat contre le racisme, pour la mémoire de la culture slovène et pour les idéaux qui ont conduit la résistance. Elles abordent aussi des moments plus intimes. A chaque fois, il y a un morceau d’enfance, de légèreté et de mélancolie, de solitude et de dignité dans ces nouvelles. Des éclairs de poésie et de vérité illuminent la noirceur de ces aventures contre le monde, contre la folie des hommes et de l’histoire et ses impitoyables sabots. Arrêt sur le ponte vecchio est un excellent recueil de nouvelles qui confronte le lecteur à la difficulté d’être face à l’histoire et à la haine, à la honte d’autrui, dans le contexte historique slovène. Très bon.