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Nouvelles

  • Rendez-vous à Crawfish creek – Nickolas Butler

    Rendez-vous-a-Crawfish-Creek.jpgJ’avais été séduit par Retour à Little Wing de Nickolas Butler. C’est avec plaisir que je le retrouve pour Rendez-vous à Crawfish Creek, un recueil de dix nouvelles qui s’inscrivent dans la continuité de son très bon roman. Chacune de ces nouvelles  évoque l’Amérique profonde que Nikolas Butler veut mettre au centre de son œuvre. Elles se passent toutes en milieu rural ou alors dans de modestes centres urbains, dans cette Amérique des grands espaces, des conditions climatiques rudes qui est peuplée de gens de conditions modestes qui galèrent avec un quotidien qui n’est pas des plus aisés.

    Il y a une homogénéité dans ces nouvelles qui sont des tranches de vie qui racontent un monde dur, violent, sans concession où les valeurs positives sont mises à mal, où les protagonistes s’échinent à prendre un peu de plaisir, à s’en sortir, à surnager en rêvant de lendemains meilleurs qui semblent bien lointains… Chacune de ces nouvelles sont de petites comédies humaines qui composent avec richesse une fresque aigre douce dont les points forts illustrent le talent de Nickolas Butler. L’écrivain américain est très doué pour installer rapidement des ambiances très visuelles et très immersives, au-delà des décors. Il esquisse rapidement des personnages bruts, solides et vrais, qu’il fait courir après des destins plutôt tristes autour des grands thèmes de l’amour, de l’amitié, la vengeance, la solitude, la filiation, etc.

    Nickolas Butler arrive à ciseler des nouvelles concrètes, sans fioritures, qui ne sont pas dépendantes de leurs chutes. Au plus près de ses personnages, il sait être prenant et percutant tout en racontant l’ordinaire et le ressenti de cette Amérique qui se sent décrochée, un peu paumée. Un peu de l’Americana.

    Quelques bijoux parmi ces dix nouvelles.

    Bon et plaisant.

  • La chambre n°12 et autres nouvelles – Naguib Mahfouz

    Chambre 12.jpgCe recueil est une création composée à partir de 18 nouvelles issues de d’autres recueils de l’écrivain égyptien prix Nobel de littérature 1988. L’ensemble dégage néanmoins une certaine unité, la plupart des nouvelles sont ainsi construites autour des thèmes récurrents de la vengeance, du meurtre, de la malédiction et de la déchéance.

    Elles dégagent toutes également une certaine atmosphère qui mêle chaleur, poussière, désert, ambiance de quartiers populaires et qui est empreinte d’un certain mysticisme. Elles constituent une vision kaléidoscopique de l’Egypte de la date de parution des différents recueils, entre 1962 et 1984.

    L’ensemble est varié et met en valeur le talent de Naguib Mahfouz pour aborder une multitude de thèmes, généralement autour de la vie de la cité et des valeurs traditionnelles, tout en se renouvelant dans les nouvelles. Celles-ci sont néanmoins plutôt inégales même si plusieurs d’entre elles sortent du lot et font montre d’un art recherché de la chute.

    Certaines nouvelles marquent par leur absurde, leur mise en lumière de la vanité des choses (La mosquée du quartier, Le seigneur et le maître, Handhal et le policier, une parole mal comprise, le désert…), d’autres par leur drôlerie ou leur caractère intrigant (La lettre, la rencontre, la chambre n°12…) alors qu’un peu moins de la moitié tombent à plat (le tueur, contre X, le rêve de minuit, la peur, vague de chaleur…).

    Possible porte d’entrée sur l’œuvre de Naguib Mahfouz.

    OK.

  • J'aurais voulu être égyptien - Alaa El Aswany

    Alaa Elaswany.jpgAprès l’immeuble Yacoubian, immense succès de librairie déjà chroniqué sur ce site, ce recueil de nouvelles est ma deuxième rencontre avec l’écrivain égyptien Alaa El Aswany. J’aurais voulu être égyptien se compose en fait d’une très longue nouvelle principale, Celui qui s’est approché et qui as vu, et de quelques autres très courtes nouvelles d’à peine quelques pages qui semblent simplement l’accompagner pour donner un peu d’épaisseur au recueil. Ce n’est malheureusement pas suffisant car J’aurais voulu être égyptien est un livre peu marquant et qui est rapidement oublié. L’ensemble est assez quelconque même si la nouvelle principale arrive un peu à se dégager.

    Le fait que la nouvelle principale ait été interdite de publication par l’office du livre égyptien pour cause d’insulte au pays ne suffit pas à lui accorder beaucoup de crédit. C’est une nouvelle qui est intéressante en raison de la véhémence que montre Issam, son personnage principal, à l’égard de son pays. La critique acerbe du pays et des maux qui le frappent sont instantanément saisissants. Cette détestation qu’a Issam, de lui-même et de l’Egypte, est contrebalancée par un amour inconsidéré de tout ce qui vient de l’occident. C’est un élément fort du récit qui est cependant handicapé par une certaine naïveté du récit dans sa conduite, dans ses situations et dans ses dialogues. La figure d’Issam est néanmoins attachante par sa folie, son désespoir et son jusqu’au-boutisme. Il est dommage qu’elle ne puisse pas plus se développer et s’épaissir à travers la nouvelle. Tout cela est très juste…

    Les autres nouvelles, très brèves, apparaissent parfois comme des ébauches convoquées là faute de mieux. Souvent en lien avec l’enfance ou l’adolescence, apparaissant parfois comme des souvenirs du romancier égyptien, elles sont parfois cocasses, avec une petite touche morale, sans que cela ne suffise. Il n’y a pas de véritable art de la chute, ni assez d’habileté stylistique ou narrative pour que ces nouvelles s’imposent.

    Bof. Passer son chemin.