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Littérature Autrichienne

  • L’étranger – Alfred Schütz

    alfred schütz.jpgAi-je déjà lu des propos aussi justes et précis, si à même de retranscrire à la fois l’expérience de l’homme qui se retrouve en pays étranger et celle de l’homme qui rentre au pays ? Je ne suis pas sûr. L’étranger et l’homme qui revient au pays sont deux courts essais qui analysent avec une grande minutie cette double épreuve marquée par la distanciation aussi bien pour celui qui part hors de chez lui que chez celui qui revient chez lui. Comment gérer le fait de ne plus être complètement soi sans être complètement devenu autrui pour l’étranger ? Comment appréhender à nouveau son chez soi quand on n’est plus vraiment le même et qu’on doit jongler avec le souvenir et la réalité effective de son pays ?

    Il est indispensable de lire ces essais écrits par le sociologue Alfred Schütz vers la fin de la seconde guerre mondiale alors qu’il a lui-même été un étranger aux États-Unis, juif autrichien ayant fui l’Allemagne nazie en 1940. Il met en lumière avec exactitude et avec une analyse exhaustive, l’ensemble des problématiques d’identité qui sont au fondement de bon nombre de productions culturelles mais aussi de questions politiques, économiques et sociales. A l’heure des migrations de masse, alors que les figures de l’étranger, de l’inconnu, de l’immigrant, du réfugié et de l’autre se retrouvent plus que jamais au centre de polémiques plus que de véritables réflexions et analyses, il est plus qu’urgent de lire Alfred Schütz.  

    Il n’est sans doute pas de lecture plus à même d’éclairer en aussi peu de mots sur cette double expérience de l’immigration et du retour au pays que celle de l’œuvre d’Alfred Schütz, même si cette dernière peut se révéler très académique et peut-être exigeante.

    Bijou. Essentiel.

  • L’étranger – L’homme qui rentre au pays – Alfred Schütz

    31M4JYT338L__SS500_.jpgCe livre est composé de deux essais qui représentent deux faces d’une même problématique : l’intégration de l’individu dans une société. Alors que L’étranger se penche sur la situation d’un immigrant en terre inconnue, L’homme qui rentre au pays traite du retour au pays natal. Ecrits à la fin de la seconde guerre mondiale les deux essais peuvent être lus à la lumière de l’expérience personnelle du sociologue Alfred Schütz qui a fui sa Vienne natale et l’Hydre nazie pour s’installer aux Etats-Unis en 1940.

    A travers l’étranger, Alfred Schütz plonge au cœur d’une problématique vitale pour nos sociétés à l’heure des migrations et des immigrations, du cosmopolitisme, du multiculturalisme et du mondialisme. Le mérite du court essai du sociologue autrichien est de schématiser les processus complexes d’intégration, d’assimilation à l’œuvre pour l’immigrant, mais plus généralement aussi pour tous ceux qui désirent pénétrer un groupe social spécifique. Toute la difficulté tient au fait que la culture est nature pour celui qui la possède. Il n’y fait plus attention, alors que l’étranger doit d’abord se défaire du point de vue extérieur que lui fait avoir sa propre culture et puis faire nature de la culture d’autrui. L’homme qui rentre au pays explique plutôt comment la culture, le « chez soi » d’un homme peut lui devenir étranger. Alfred Schütz prend régulièrement l’exemple du retour du vétéran de guerre au foyer pour souligner la logique propre au retour. Le détachement de sa culture, l’anomie qui peut résulter de l’assimilation d’une autre culture ou de l’éloignement de la sienne sont explicités. L’homme qui rentre au pays n’est plus le même, sa culture non plus. Un processus de réintégration est nécessaire pour qu’il cesse d’être un étranger et pour que tout lui redevienne naturel au sein de sa propre culture.

    Si ces deux courts essais n’ont rien de révolutionnaire dans leurs propos aujourd’hui, c’est que, nous sommes bien souvent confrontés à ces deux situations en permanence soit parce que nous sommes fréquemment en contact avec des étrangers ou des hommes qui rentrent au pays, soit parce que nous sommes ces deux archétypes. En permanence. Ces idées sont devenues des évidences, développées dans de nombreuses œuvres littéraires depuis. Le livre d’Alfred Schütz a le mérite de clarifier de manière concise, précise les problématiques inhérentes à ces situations. En peu de phrases, la complexité et l’ambiguïté de l’aventure intérieure de l’étranger ou de l’homme qui rentre au pays sont explorées.

  • L’absence - Peter Handke

    absence.jpgQuatre personnages, une femme, un joueur, un soldat, un vieillard. Une étrange déambulation dans des paysages campagnards, entre rêve et réalité. Quelques discours abscons, mystérieux. L’absence est un livre étrange. Il s’échine à transmettre des sensations, des perceptions, une grande solitude par une atmosphère onirique et des personnages atypiques. Le problème est que le lecteur est largué. Très vite. Les mots s’enfilent dans le vide. On s’ennuie à l’extrême avec les interminables et méticuleuses descriptions qui constituent l’essentiel du roman. C’est une tentative de roman impressionniste qui ne fait pas mouche. On attend en vain d’accrocher. Peine perdue. Les discours des personnages ne font que nous plonger dans la perplexité. Heureusement que le livre est court et que l’on le referme bien vite avec une certaine incompréhension.