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Littérature Belge

  • Trois jours chez ma mère – François Weyergans


    6541042_3548763.jpg2005 : François Weyergans reçoit le prix Goncourt pour Trois jours chez ma mère, un livre à lire ? J’ai une bonne intuition à partir de ce que je perçois du livre grâce au barnum médiatico-littéraire à son sujet: c’est une daube. 2009 : intuition confirmée après lecture de l’ouvrage. Si j’ai un conseil à donner, passez votre chemin, ne perdez pas votre temps, car à plus d’un titre, Trois jours chez ma mère est un mauvais livre.

    François Weyergans écrit sur un certain François Weyergraf qui essaie difficilement d’écrire un livre intitulé Trois jours chez ma mère qui met en scène un François Weyerstein qui a le même problème et qui lui même s’efface devant un François Graffenberg. Est-ce l’originalité très très relative de ce procédé littéraire qui a convaincu les jurés du prix Goncourt ? C’est en tout cas fort étonnant parce que cette construction narrative en « poupées russes » n’est pas si innovante. Surtout, elle s’avère finalement peu convaincante car peu élaborée, peu aboutie dans ce livre. C'est un concept qui tourne à vide.

    Le concept des François successifs n’a aucune finalité sinon que de permettre à François Weyergans de raconter ses problèmes d’argent, sa difficulté à écrire, ses multiples aventures imaginaires ou non. Tout ceci est d’un nombrilisme inintéressant. C’est d’un ennui si abyssal que la lecture en est pénible, interminable. Finir Trois jours chez ma mère relève réellement de la performance, d’autant plus que François Weyergans truffe son livre de pensées parfois réellement affligeantes sur un peu tout ce qui lui passe par la tête.

    Le livre est d’une banalité désolante. Pire, il est pathétique car il frôle tous les sujets qu’il aborde. La relation à la mère est inexistante et n’arrive à émerger péniblement que dans les dernières pages. Les problèmes d’argent se limitent à des anecdotes et ne paraissent pas tangibles. Les relations amoureuses ne servent qu’à masquer la pauvreté de l’ensemble avec du sexe peu crédible, mal mis en scène et inutile. A aucun moment François Weyergans n’arrive à intéresser le lecteur à ses problèmes de création artistique. son écriture ne permet pas au lecteur de dépasser la platitude de son propos. Son humour tombe à plat et il apparaît superficiel quand il veut être subtil ou intelligent.

    Trois jours chez ma mère est un livre dont la vacuité n’est même pas cachée par un procédé littéraire totalement artificiel.

     

  • Péplum - Amélie Nothomb

    peplum.jpgUn scientifique du vingt sixième siècle enlève la jeune romancière A.N de son vingtième siècle pour la simple raison qu'elle a l'intuition d'un fait incroyable: il est à l'origine de l'éruption volcanique qui a enseveli Pompéi. Voilà pour le semblant de trame dont je passe sur le ridicule évident. Ce n'est qu'un prétexte pour un dialogue entre les deux protagonistes.

    Amélie Nothomb s'enfonce dans le ridicule, elle qui semble pourtant parfois - très rarement - une dialoguiste douée. C'est pathétique, ennuyeux, risible. Le futur qu'elle décrit est pauvre, incohérent et inintéressant. Comment ne pas céder au bout de quelques pages seulement de ce verbiage insignifiant ? Ce grand n'importe quoi est un abîme de médiocrité déguisé en loufoquerie. Le caractère désolant de cette entreprise a eu raison de toute ma retenue critique.

    Il n'y a pas de réflexion, pas de plaisir, d'amusement - pour le lecteur en tout cas. Que de l'esbrouffe, le vide, le néant. C'est atterant.

    Au pilon.

     

     

     

  • Mort d’un parfait bilingue - Thomas Gunzig

    mort d'un parfait.jpgMort d’un parfait bilingue ou comment un paumé se retrouve à commettre des horreurs dans une guerre étrange,  scénarisée pour les besoins d’audimat d’une chaîne de divertissement. Le personnage principal est à l’hôpital, paralysé et amnésique au début du roman. En même temps qu’il recouvre progressivement la mémoire et son état physique, il livre ses souvenirs sur les évènements qui l’ont conduit dans cet état. Comment il a violenté la femme d’un chanteur sur le déclin qui l’a forcé en représailles à agresser la star montante de la chanson, comment son plan d'action, fomenté par son ami Moktar et sa voisine – amoureux tous les deux par la suite –, a consisté à s’engager dans une division spéciale chargée de la sécurité de la dite star lors d’un concert pour des forces armées en plein milieu d’une guerre absurde, comment cette aventure a progressivement déraillé jusqu’à l’épisode crucial concernant les enfants et enfin à sa paralysie et à son amnésie.

    Les promesses entrevues dès les premières pages du livre s’essoufflent progressivement. Le rythme assez soutenu de la narration, l’imagination débridée - incontrôlée ? - de l’auteur et le - petit ? - capital sympathie des personnages ne suffisent pas pour convaincre. Oui, il y a un peu de loufoquerie et d’absurde, un peu de drôlerie, mais ça devient assez vite du n’importe quoi et on perd toute crédibilité, tout intérêt et tout plaisir. Thomas Gunzig cède à la facilité du bon mot, enchaîne les épisodes comme des gags sans profondeur et ne donne finalement aucune épaisseur ni à ses personnages à la psychologie enfantine, ni à ses histoires finalement vagues et superficielles. Impossible de se consoler avec le semblant de critique du système médiatique, économique qui affleure sous la ridiculisation de la guerre: c'est assez simpliste et pauvre.

    Mort d'un parfait bilingue ? Finalement un roman facile, pas très drôle, pas si recherché, pas si corrosif, peu convaincant. Bof.