23.06.2009
Péplum - Amélie Nothomb
Un scientifique du vingt sixième siècle enlève la jeune romancière A.N de son vingtième siècle pour la simple raison qu'elle a l'intuition d'un fait incroyable: il est à l'origine de l'éruption volcanique qui a enseveli Pompéi. Voilà pour le semblant de trame dont je passe sur le ridicule évident. Ce n'est qu'un prétexte pour un dialogue entre les deux protagonistes.
Amélie Nothomb s'enfonce dans le ridicule, elle qui semble pourtant parfois une dialoguiste douée. C'est pathétique, ennuyeux, risible. Le futur qu'elle décrit est pauvre, incohérent et inintéressant. Comment ne pas céder au bout de quelques pages seulement de ce verbiage insignifiant ? Ce grand n'importe quoi est un abîme de médiocrité déguisé en loufoquerie. Le caractère désolant de cette entreprise a eu raison de toute ma retenue critique. Il n'y a pas de réflexion, pas de plaisir, d'amusement - pour le lecteur en tout cas. Que de l'esbrouffe, le vide, le néant. C'est atterant.
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19.06.2009
Mort d’un parfait bilingue - Thomas Gunzig
Mort d’un parfait bilingue ou comment un paumé se retrouve à commettre des horreurs dans une guerre étrange scénarisée pour les besoins d’audimat d’une chaîne de divertissement. Le personnage principal est à l’hôpital, paralysé et amnésique au début du roman. En même temps qu’il recouvre progressivement la mémoire et son état physique, il livre ses souvenirs sur les évènements qui l’ont conduit dans cet état. Comment il a violenté la femme d’un chanteur sur le déclin qui l’a forcé en représailles à agresser la star montante de la chanson, comment le plan fomenté par son ami Moktar et sa voisine – amoureux tous les deux par la suite – a consisté à s’engager dans une division spéciale chargée de la sécurité de la dite star lors d’un concert pour les forces armées en plein milieu d’une guerre absurde, comment tout a progressivement déraillé jusqu’à l’épisode des enfants et enfin à sa paralysie et à son amnésie. Les promesses entrevues dès les premières pages du livre avec le rythme de la narration, l’imagination débridée de l’auteur et le capital sympathie des personnages s’essoufflent progressivement et ne suffisent pas pour convaincre. Il y a de la loufoquerie et de l’absurde, un peu de drôlerie qui deviennent assez vite du n’importe quoi et font perdre toute crédibilité, tout intérêt et tout plaisir au lecteur à la fin. L’auteur cède à la facilité du bon mot, enchaîne les épisodes comme des gags sans profondeur et ne donne finalement aucune épaisseur ni à ses personnages à la psychologie enfantine, ni à ses histoires finalement vagues et un peu superficielles. Impossible de se consoler avec le semblant de critique du système médiatique, économique qui affleure sous la ridiculisation de la guerre. Un roman facile finalement pas si drôle, pas si recherché, pas si corrosif, peu convaincant.
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17.06.2009
Les naufragés du Batavia - Simon Leys
C’est un petit livre dont a accouché Simon Leys a défaut de l’œuvre géniale qu’il projetait d’écrire sur le sujet. Dommage qu’il ait été dépassé sur le même sujet par l’ouvrage de Mike Dash, dont il fait lui-même l’apologie en préface. Les naufragés du Batavia n’en est pas moins un livre recommandé pour ceux qui ne connaissent pas la tragédie du Batavia. Dans un récit bref, intense et intelligent, très didactique aussi, Simon Leys explique comment la tragédie du Batavia a pu arriver. Expliquer les tenants, les aboutissants, les enjeux, les circonstances, la mécanique folle qui a conduit ce navire, fleuron de la navigation commerciale hollandaise du XVIIème siècle, a échouer au large de l’Australie et à voir les survivants se massacrer sous la férule d’un illuminé. Synthétique, Simon Leys, n’en est pas moins précis et permet de comprendre et de découvrir cette histoire qui vaut le détour. Un récit plaisant et intelligent.
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16.06.2009
Les combustibles - Amélie Nothomb
Que vaut la littérature, les belles phrases, devant la souffrance physique, quelle utilité pour ces mots qui s’accumulent quand le mal est présent ? Le professeur, Daniel et Marina, les personnages de ce texte très court s’interrogent dans un terrible contexte de guerre et de froid qui les oblige à un autodafé. Bonnes questions pour un mauvais écrit. Il n’y a rien à dire sauf que l’on s’ennuie, heureux de la brièveté du texte. Ce bavardage aventureux s’évanouit très vite de notre esprit – heureusement- parce qu’il manque de force, de vitalité, de tension, et effleure à peine ces questions brûlantes mal mises en scène. Nul.
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Les catilinaires - Amélie Nothomb
De l'originalité, et de l'humour noir pour ce récit. Amélie Nothomb fait preuve d une certaine créativité avec le personnage de Palamède Bernardin, ce voisin obèse et rustre qui s’incruste invariablement tous les jours entre quatre et six heures chez Emile le narrateur et son épouse Juliette, tourtereaux solitaires d’une soixantaine d’années. On est tellement intrigué, que l’on poursuit, curieux. Menés par un bon sens de la narration et du dialogue, et on n’est pas déçu par un dénouement à la mesure d une histoire iconoclaste. Distrayant.
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