17.06.2009
Les saisons de la nuit - Colum Mc Cann
C est une trajectoire de l obscurite vers la lumiere, des profondeurs vers les hauteurs. Ce sont deux chemins, deux existences qui menees en parallele vont finir par prendre un sens commun. D un cote on a treefrog, un mysterieux clochard de l epoque moderne. Il erre dans l obscurite d un tunnel de New York, engonce dans une existence reglee, maniaque ronge par des souvenirs dont le sens sera revele a la fin du roman. De l autre cote, on a l histoire de Nathan Walker qui se deroule sur la quasi totalite du siecle. La vie de ce noir creuseur de tunnel du debut de siecle est empreinte de dignite et de tragique, hantee par des souvenirs et par ce metier extrordinairement difficile. L auteur nous livre ainsi deux destins pauvres, en marge, qui lui permettent d exploiter un univers unique, les bas fonds et les tunnels de new york, mais aussi la question des noirs et de la mixite dans l histoire de l amerique. Le roman est conduit par ses deux personnages comme dune part une quete d identite et de redemption avec le clochard treefrog et comme un roman de famille, une petite saga pleine d emotion, riche d evenements, de tragedies d autre part. Le travail de l auteur pour creer et recreer l environnement du roman est aussi impressionnant que le souffle qu il donne a ses personnages et la tension des moments forts. Bien.
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10.06.2009
La rivière de l'exil - Colum Mc Cann
Il est rare dans un recueil de nouvelles que quasiment toutes emportent l'adhésion du lecteur, tel est pourtant le cas ici. Ces nouvelles tournent toutes autour de l'exil, de l'éloignement de soi, de sa terre, de ses proches. Ces histoires d'irlandais à l'étranger ou d'étrangers en irlande ont quelque chose de fort. C'est un parfum de nostalgie, de tristesse, de désarroi qui est entêtant jusqu'à nous enivrer. On est très vite atteint au coeur par les histoires. Tout est dans les voix des personnages, l'auteur se glisse en eux pour secouer la matière des êtres brisés, des perdus, des losers, de ceux qui ont dupartir, s'éloigner. Le climat de solitude du livre est très fort. Il s'empare du lecteur qui découvre des êtres cabossés et livrés aux sentiments les plus rudes. Tout le recueil est dans cette espèce de faillite permanente des personnages. Fort et touchant.
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14.05.2009
Despérados - Joseph O'Connor
C’est un roman d’aventures un peu fou qui nous emmène au Nicaragua au milieu des années quatre-vingt durant la guerre opposant les sandinistes et les contras. On y suit Franck et Eléanor Little, couple irlandais divorcé, venu reconnaître le cadavre de leur fils, rocker rebelle, cultivateur de café dans une coopérative révolutionnaire. Dans un décor pittoresque et misérable, leur vie va être bouleversée et tout va s’emballer lorsqu’ils s’apercevront que le cadavre présenté n’est pas celui de leur fils et que ce dernier est peut-être vivant. S’ensuit un long voyage avec les amis iconoclastes et hippies du fils, à travers ce pays pauvre, en proie à une guerre entre révolutionnaires. A partir de là, on ne lâche plus ce roman pullulant de péripéties, et on s’attache vite aux personnages que l’on découvre à travers les nombreux dialogues maîtrisés, savoureux, pleins d’humour, où affleurent l’intime de ces gens perdus dans unailleurs. Cette aventure qui laisse poindre le tragique des histoires personnelles, de la guerre du Nicaragua, sous le flot des rebondissements, est un petit joyau d’émotions et d’aventures. Joseph O'Connor sait nous parler d’amitié, de nostalgie, de pauvreté, et surtout en filigrane d’une histoire d’amour triste, douloureusement défaite, celle de Franck et d’Eléanor qui se retrouvent pour leur fils. Très bien.
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