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écologie

  • L’écologie en bas de chez moi – Iegor Gran

    drôle,humour,écologie,amitiéJ’étais resté sur une bonne impression et quelques rires après la lecture d’ONG! d’Iegor Gran, il y a quelques années de cela, alors c’est avec un à priori positif que je me suis lancé dans l’écologie en bas de chez moi.

    Il a suffi d’une affiche placardée sur le tableau d’affichage de son immeuble l’invitant à regarder le documentaire de Yann-Arthus Bertrand, Home, pour faire sortir Iegor Gran de sa retenue et se lancer dans une croisade, non pas contre l’écologie, mais contre les idées reçues sur l’écologie, ses contradictions idéologiques, sa récupération politique, commerciale, sa veine apocalyptique et anti-culturelle. Souvenons-nous déjà que dans ONG, l’une des associations tournées en ridicule par leur guéguerre était une association écolo, la foulée verte…

    Iegor Gran n’y va pas de main morte dans son réquisitoire. Il démonte les idoles et les raisonnements faciles à coups de démonstrations et de notes de bas de pages qui prouvent qu’il y a du travail de recherche derrière chacun de ses arguments. Il faut lire ses passages sur le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), sa critique des ouvrages de différentes figures écologiques incontournables (Al Gore, Nicolas Hulot…), entre autres pour se convaincre d’une certaine justesse de son propos et de son regard.

    Ce livre aurait pu être pénible, lourd s’il avait été écrit par quelqu’un d’autre qu’Iegor Gran. Celui-ci arrive à articuler son argumentation autour de situations concrètes, bassement quotidiennes et d’observations simples qui allègent l’ensemble. Par ailleurs, il intègre son propos à un récit autofictionnel marqué par la rupture d’une amitié et permet au livre de ne pas être unidimensionnel. Et puis surtout, il écrit dans un style direct - avec une verve quasi-pamphlétaire - qui est réjouissant tant il ne lésine pas sur l’humour, grinçant de préférence, l’exagération, l’ironie et le cynisme. Il y a à chaque page ou note de fin de page, un amour de la punchline ravageuse qui doit être savouré.

    Moins drôle et enlevé qu’ONG, l’écologie en bas de chez moi est en fait un plaidoyer pour la culture et l’histoire de l’évolution de l’humanité, qui ne doit pas nous faire nier l’intérêt et la pertinence d’une réflexion et d’une action écologique débarrassées de certains écueils actuels.  

    Note : A mettre en relation avec 2 essais: Le fanatisme de l’Apocalypse de Pascal Bruckner ou Le nouvel ordre écologique de Luc Ferry.

  • Niourk - Stefan Wul

    niourk1.jpgL’enfant noir, martyr d’une tribu de sauvages, s’enfuit pour échapper aux persécutions dues à la couleur de sa peau, mais aussi pour retrouver le vieux, le sage du village parti sur le territoire des dieux chercher des miracles. Au fil des pérégrinations de l’enfant noir, à un rythme soutenu, cette terre sauvage, déserte, étrange, primitive, révèle ses secrets. Le lecteur comprend très rapidement que cette histoire ne se déroule pas à l’époque qu’il croit, mais bien dans un futur post-apocalyptique. La civilisation semble avoir disparu, vaincue par le mal nucléaire qui remodèle la terre et redistribue les cartes, notamment celle de l’évolution, en donnant naissance à de nouvelles espèces, en condamnant peut-être la nôtre.

    L’intérêt de ce livre est au-delà de ce message écologique, de ce futur apocalyptique, il est dans l’épopée de ce petit exclu qui découvre un monde terrible et perd progressivement de son innocence et de sa naïveté. L’enfant noir qui nous ouvre les portes de cette terre brûlée par les hommes, porte un regard neuf sur la civilisation et porte en lui le désir humain d’être accepté, de vivre en communauté et d’aimer, de découvrir, d’apprendre. En fait, nous sommes dans un roman d’apprentissage bien original qui malheureusement se perd énormément sur la fin. C’est peu dire que le dénouement avec les délires psychico-scientifico-techniques autour de l’enfant noir enlève beaucoup de la saveur, de la magie de l’œuvre et son message écologique. A découvrir surtout pour les plus jeunes.