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absurde

  • Le rapporteur et autres récits – Carlos Liscano

    Le-rapporteur-et-autres-recits.jpgJ’avais été séduit par Le fourgon des fous et La route d’Ithaque, les 2 précédents romans de Carlos Liscano que j’ai découverts il y a quelques années. Je le suis moins par ce recueil de nouvelles. La plupart portent pourtant en elles les thèmes principaux de l’œuvre de l’écrivain uruguayen ou renvoient à son  histoire personnelle tourmentée. Y sont donc évoquées directement ou par allusion, l’oppression d’un individu par un régime autoritaire mais aussi la confrontation à la précarité entre autres. Ces nouvelles n’en demeurent pas moins globalement inabouties ou un peu brouillonnes, parfois comme des œuvres encore à l’état embryonnaire.

    A quelques exceptions près, je suis resté sur ma faim sur l’art de la nouvelle de Carlos Liscano. Le rapporteur et autres récits n’est pas la meilleure illustration de l’art de la chute, ni du condensé du récit et du sens qu'exigent la nouvelle. Il y a malgré tout une certaine variété dans la mesure où l’écrivain uruguayen s’essaie à différentes formes de textes courts (monologue, fable, récit, journal…). Ce n’est pas suffisant pour convaincre malgré des atmosphères absurdes, parfois un peu kafkaïennes.  On sent à plusieurs reprises que l’auteur s’est amusé à écrire ces histoires courtes et qu’il essaie de jouer avec son lecteur sans complètement y arriver.

    Juste pour ressortir une nouvelle: le rapporteur, principal récit (en volume au moins) qui donne son titre au recueil, ressemble surtout à un brouillon des autres œuvres de Carlos Liscano évoquant ses années de prison et de torture sous la dictature uruguayenne.

    Pas vraiment convaincant.

    Passons.

  • Bartleby le scribe – Herman Melville

    9782070401406.jpgBartleby le scribe est une nouvelle d’Herman Melville parue au milieu du dix neuvième siècle et qui a connu une trajectoire ascendante pour s’échapper du recueil de textes dans lequel elle était, les contes de la véranda, pour finalement devenir le texte le plus connu de l’écrivain américain aux côtés de Moby Dick.


    Qui est donc ce personnage de fiction désormais notoire ? Un jeune homme embauché par un homme de loi de Wall street, le narrateur, afin de recopier des textes. Après une brève introduction dans laquelle le narrateur présente une partie de son parcours, son activité et les 3 autres employés de son cabinet, Bartleby entre en scène. Apparaissant au début comme un besogneux appliqué et solitaire, ce nouvel employé glisse progressivement vers une attitude difficile à définir.

     

    D’abord Bartleby ne préfère pas faire une tâche qui fait partie de ses attributions et puis petit à petit, il préfère faire de moins en moins de choses, et ce jusqu’à l’inactivité totale. Préférer ne pas faire, telle est sa propre formule. Non content de devenir complètement inutile, il semble se lancer dans un projet nihiliste, se nourrissant le plus chichement possible, dormant sur son lieu de travail, ne développant aucune activité susceptible de lui demander un effort, ne présentant d’intérêt visible pour aucune activité physique ou intellectuelle. Un poids mort.

    Bartleby le scribe se lit vite et facilement, et à vrai dire il n’est pas besoin de s’attarder sur des questions stylistiques au sujet de cette nouvelle. En fait, la réussite du texte réside essentiellement dans le mystère concernant les motivations de l’attitude de Bartleby. Mystère qu’Herman Melville ne lève pas à la fin de la nouvelle et qui autorise toutes les interprétations. Bartleby se prête ainsi à de nombreuses appropriations et chacun est libre de plaquer sur cette figure littéraire ses propres désirs.

     

    Cette sortie du monde, ce retrait hors de la vie ou ce repli extrême sur soi, ce mépris pour le commerce du monde et les us et coutumes inspirent ainsi de nombreuses lectures. Bartleby peut être vu comme un nihiliste, comme un anarchiste original, un misanthrope, un roi de l’absurde, un mystique, un ascète et j’en passe. La nouvelle étant située à Wall Street une lecture originale fait de Bartleby un résistant à l’asservissement au monde du travail, au règne de l’argent et au capitalisme conquérant.

     

    Si j’ai un faible pour cette lecture, la mienne voit en Bartleby, une sorte de Diogène de Sinope, le cynique. Bartleby tente le pari d'une vie réellement indépendante et renonce à la comédie humaine, de sorte qu’il valide la phrase du maître es littérature Borges à son sujet 'Il suffit qu'un seul homme soit irrationnel pour que les autres le soient et pour que l'univers le soit'. C’est ça Bartleby.

  • Péplum - Amélie Nothomb

    peplum.jpgUn scientifique du vingt sixième siècle enlève la jeune romancière A.N de son vingtième siècle pour la simple raison qu'elle a l'intuition d'un fait incroyable: il est à l'origine de l'éruption volcanique qui a enseveli Pompéi. Voilà pour le semblant de trame dont je passe sur le ridicule évident. Ce n'est qu'un prétexte pour un dialogue entre les deux protagonistes.

    Amélie Nothomb s'enfonce dans le ridicule, elle qui semble pourtant parfois - très rarement - une dialoguiste douée. C'est pathétique, ennuyeux, risible. Le futur qu'elle décrit est pauvre, incohérent et inintéressant. Comment ne pas céder au bout de quelques pages seulement de ce verbiage insignifiant ? Ce grand n'importe quoi est un abîme de médiocrité déguisé en loufoquerie. Le caractère désolant de cette entreprise a eu raison de toute ma retenue critique.

    Il n'y a pas de réflexion, pas de plaisir, d'amusement - pour le lecteur en tout cas. Que de l'esbrouffe, le vide, le néant. C'est atterant.

    Au pilon.