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atmosphère

  • Le tour d’écrou – Henry James

    tour-d-ecrou.jpgMais que se passe-t-il exactement à Bly ? Voilà ce que se demande assez rapidement dans cette résidence isolée de campagne, la jeune gouvernante qui a été récemment engagée par un riche célibataire pour s’occuper de Miles et Flora deux jeunes orphelins. Très beaux, calmes et obéissants, les jeunes enfants inspirent beaucoup d’amour et d’inspiration à cette jeune fille avant de susciter de la méfiance, voire de l’appréhension.

    Et si ces enfants n’étaient pas aussi innocents qu’ils en ont l’air ?  Après tout, Miles n’a-t-il pas été renvoyé de son établissement scolaire ? Flora ne dissimule-t-elle pas certaines choses qu’elle sait ? Leur ancienne gouvernante n’avait-elle pas fini par les abandonner ? Surtout, les deux enfants ne voient-ils pas les apparitions de Peter Quint et de Miss Jessel, deux anciens serviteurs décédés de la maison de campagne, qui étaient amants ? Et si ces spectres n’apparaissaient qu’à la gouvernante ? Et s’ils n’étaient que le fruit de son imagination ?

    Une des œuvres les plus célèbres d’Henry James, le tour d’écrou irrigue la culture populaire depuis sa parution à la fin du XIXème siècle jusqu’aujourd’hui avec des adaptations célèbres au cinéma, à la télévision ou encore à l’Opéra. Il est reconnu par la critique littéraire comme une merveille du genre fantastique qui arrive à créer une atmosphère de tension avec talent et maîtrise (Borges, etc.).

    Pour ma part, je reste un peu à distance de ce déluge d’admiration qui pleut sur le tour d’écrou qui est loin de m’avoir subjugué. Oui, Henry James construit une belle mécanique de fantastique. Il y a dans le tour d’écrou une atmosphère étouffante, sombre et électrique qui prend sa source dans l’infiltration progressive du surnaturel dans ce cadre campagnard et dans cet univers feutré suintant les bons sentiments et la bienséance.

    Maintenant, il faut reconnaître que l’ensemble est un peu longuet dans la mesure où Henry James tire sur la même ficelle pendant un moment et gonfle exagérément les effets autour des mêmes éléments de fantastique. La première scène durant laquelle la gouvernante a la première apparition de Peter Quint est ainsi extrêmement saisissante et réussie. C’est moins le cas pour les autres fois. Et puis il y a tout ce jeu un peu excessif de la petite gouvernante en émoi constant et au bord des larmes qui apparaît un peu daté aujourd’hui et qui s’avère redondant malgré la brièveté du récit. Quant aux ambigüités de l'ensemble – pas uniquement par rapport aux fantômes, mais aussi par exemple dans la relation entre Miles et la jeune gouvernante, etc. -, elles restent au final d’une force limitée malgré leur contribution notable à l’atmosphère du livre.

    Pour le reste, il est possible d’apprécier (ou pas) l’écriture très précieuse, très élégante mais aussi très grande bourgeoisie de fin du 19ème, début du 20ème siècle d’Henry James. Elle me semble plutôt adaptée à l’atmosphère de fantastique de l’époque avec un côté un peu suranné, tout en circonvolutions.

    Dans le même genre ma préférence va plutôt à E.A. Poe ou encore plus certainement à Villiers de l’Isle Adam et à Ses contes cruels.  

    Pas subjugué par ce classique.

  • Un bébé pour Rosemary - Ira Lévin

    rosemary.jpgRosemary emménage avec son ami Guy dans un vieil immeuble New-yorkais dans les années 60. Ils font fi de la mauvaise réputation du lieu qui aurait abrité entre autres des rites de magie noire. Ce qui s'avère être un bon choix puisque Guy commence enfin à percer dans le cinéma en tant qu'acteur, que les voisins sont chaleureux, très attentionnés et surtout que Rosemary tombe rapidement enceinte.

    Rosemary's baby est un livre très lent qui a un atout majeur pour lui: son atmosphère. Très vite, le lecteur ressent quelque chose de malsain autour de ce couple. Il y a comme une ombre qui rôde autour d'eux. Quelque chose cloche et dérange le lecteur qui arrive rarement à échapper à une sensation d'inconfort et de mauvais pressentiment. Le talent d'Ira Lévin est de ménager son suspens et de faire mariner son lecteur dans cette atmosphère progressivement plus oppressante.

    Dans Rosemary's Baby, on est très loin de l’exubérance rédhibitoire ou de l’imaginaire foisonnant qui sont souvent accolés au fantastique.  Le socle ici est bien réel et la narration de facture classique. Seulement voilà, le lecteur ne peut s'empêcher de se demander qui sont ces voisins trop attentionnés, voire envahissants ? Que veulent-ils vraiment, quelles sont leurs intentions ? Les soupçons sont omniprésents et l'inquiétude gagne concernant le couple. Qu'arrive t-il à Guy ? Et à Rosemary ? Et à leur bébé ?

    Il est vraiment dommage que le livre s'étire sur la fin et que le dénouement soit plutôt raté, peu convaincant. Cela met un grand bémol à ce qui est néanmoins une petite réussite dans le genre du fantastique.