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célébrité

  • Le dîner – Herman Koch

    Le dîner.jpgLa question centrale du dîner, celle sur laquelle le livre est censé tenir, est la suivante : que sommes-nous prêts à faire pour préserver nos enfants ?  Herman Koch nous interpelle: jusqu’où irions-nous pour sauver le futur de nos enfants ? Qu’accepterions-nous de leur part ? Que leur pardonnerions-nous ? Indirectement, l’auteur néerlandais souhaite nous amener à nous interroger sur ce que savons-nous vraiment de nos enfants, sur ce que nous leur transmettons comme valeurs à travers l’éducation.

    Cette question pivot n’intervient pourtant vraiment qu’à partir du milieu du livre. C’est à ce moment-là qu’on se rend compte du véritable enjeu du dîner éponyme qui réunit deux frères et leurs femmes respectives. La comédie de mœurs, qui met en scène une rivalité familiale et des trajectoires opposées, se révèle être un prétexte, une très longue entrée en matière, plutôt ennuyeuse après un démarrage en trombe. Il s’avère finalement difficile de se passionner pour ce professeur d’histoire en disponibilité de son poste qui jalouse son frère qui est tout simplement pressenti pour devenir le futur premier ministre des Pays-Bas. Les situations mises en scène par Herman Koch sont un peu trop mélodramatiques même si elles arrivent à susciter un certain malaise. Le lecteur patiente, essaie de s’intéresser aux protagonistes du dîner pour finalement être déçu après l’exposition des évènements centraux du livre. Le dilemme qui se pose aux participants du dîner tombe finalement à plat, perd progressivement de sa force et de son intérêt car maladroitement exploité. Il n’est en plus pas sauvé par un dénouement précipité, un peu tarabiscoté et d’une crédibilité douteuse.

    La structure narrative qui est calée sur les différentes parties d’un dîner en ville (de l’apéritif au pourboire) apparaît en fin de compte artificielle. Elle pousse Herman Koch à se perdre dans une multitude de détails infimes sur le restaurant et le dîner simplement pour faire mariner le lecteur. La critique des pratiques des grands restaurants jure au bout du compte avec l’importance dramatique des évènements qui sont au cœur de ce livre.

    Pas particulièrement drôle, le dîner arrive à accrocher le lecteur une partie du temps par un certain rythme, un suspens et une tension qui ont néanmoins tendance à s’étioler. Il est dommage qu’il n’arrive pas à exploiter pleinement et avec plus de brio les questions morales qu’il pose. La critique de l’effondrement des valeurs aurait pu être plus percutante.

    Best-seller aux Pays-Bas puis dans le monde.

    Bof.

  • L’idole - Serge Joncour

    idole.jpgJe suis relativement déçu par ce livre de Serge Joncour. J’apprécie que la littérature essaie de saisir son époque, en l’occurrence la médiatisation excessive des individus lambda et ses conséquences. C’est une ambition à cultiver, seulement je ne suis pas convaincu par le traitement qu'en fait l’auteur.

    George Frangin devient célèbre du jour au lendemain sans avoir rien fait. C’est le point de départ d’un enchaînement de péripéties sur le chemin du star system et des vedettes kleenex. Comment la vie d'un individu lambda est bouleversée par une nototriété subite et injustifiée. En fait la réflexion sur la célébrité express, sur ses conséquences reste assez sommaire, pas assez pofonde ou originale. Elle émerge ici et là mais reste noyée sous les bons mots, les gags et les situations cocasses.

    La voie choisie pour explorer ce thème dans le livre est plutôt celle de l’humour, et pour ma part je n’ai pas souvent marché – en dépit de quelques bons moments - , c’est dommage. Les nombreux souvenirs de George Frangin qui se rappelle d’anodins moments de gloire fonctionnent eux aussi dans le sens de l’humour avec un succès mitigé et rarement dans le sens de la réflexion.

    C’est un livre que je regrette de ne pas avoir vu écrit différemment, car l'idée de départ est intéressante. Au mieux je le reconnaîtrais sympatoche. Et encore...

    Bof, bof, bof.