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chien

  • Le cas Sneijder – Jean Paul Dubois

    le-cas-sneijder.jpgPaul Sneijder est victime d’un improbable accident d’ascenseur dont il est l’unique survivant. De retour à la vie, Paul jette un regard dur sur son existence. Le portrait qu’il en fait est réellement médiocre. Paul est un gentil raté qui aurait pu avoir une vie acceptable, heureuse si son premier mariage duquel il a eu une fille n’avait capoté pour ne plus laisser de traces, totalement emporté dans de tristes accidents. Au lieu de quoi, nous découvrons comment il a fini par s’exiler au Canada pour suivre l’acariâtre et ambitieuse Anna, sa seconde épouse dont il a eu deux insupportables fils jumeaux qui tiennent essentiellement d’elles.

    Comment un homme, la soixantaine, engoncé dans une existence comme la sienne, loin de chez lui peut-il s’en sortir ? Pathétique, Paul raconte son passé, cherche en vain une explication à ce qui s’est passé dans l’acquisition d’un savoir encyclopédique lié aux ascenseurs. Il faut fuir, pas seulement ses nouvelles crises d’angoisses dans des endroits clos, mais cette existence morne, cette femme castratrice et ces enfants indifférents. Il ne suffit pas de quitter son boulot et de devenir promeneur pour chiens. Il ne suffit pas de ne pas accepter un procès contre la compagnie qui fabrique l’ascenseur qui lui a tant pris. Il ne suffit pas de fermer les yeux sur l’infidélité de sa femme. Il faut que Paul sorte d’une léthargie, d’une lâcheté qui l’a mené là où il est et qui va le conduire dans une effroyable impasse.

    Pas la peine d’en dire plus. Malgré les à-côtés extraordinaires que peut revêtir l’histoire, Jean-Paul Dubois ne fait que raconter l’histoire tristement banale d’un homme échoué, qui a raté sa vie, professionnelle certes, mais sentimentale, familiale, par lâcheté. Oui c’est une histoire banale, mais agréablement banale. Jean-Paul Dubois sait y faire en matière de récit. L’histoire est rondement menée par l’écrivain toulousain d’une écriture légère et juste jusqu’à son dénouement qui est une très bonne porte de sortie. Il se permet des situations assez drôles, un peu absurdes comme il en a l’habitude, le tout dans un climat de mélancolie, de défaite et d’impuissance qui est convaincant et immersif. Paul nous touche même s’il ne restera pas dans notre mémoire, même si on a envie de le secouer parce qu’on a peur de lui ressembler.

    Le cas Sneijder n’a rien d’extraordinaire, mais c’est un livre agréable d’un savoir-faire. Celui de Jean-Paul Dubois.

  • Mon chien stupide - John Fante

    mon_chien_stupide.jpgHenry Molise est un quinquagénaire raté et mélancolique. Il écrit des scénarios pourris tout en rêvant de plaquer sa vie minable et ennuyeuse pour retrouver Rome, la terre d’origine de ses parents magnifiée en lieu de renaissance pour son être défraîchi. Seulement, il y a Harriet sa femme et ses quatre enfants, tous un peu ratés, tordus, décevants, loin de ses espoirs. La vie pesante et irréversible quoi. L’arrivée d’un énorme chien, Stupide, va coïncider avec le départ de tous les enfants et l’aggravation de la détresse existentielle de Henry. Tout ceci n’a rien de drôle malgré de désespérées tentatives, toutes ces histoires de chiens sont simplement pathétiques, inintéressantes. L’ensemble est anecdotique. Heureusement, il y a le blues incurable du héros, attachant, tellement désabusé par ses démêlés familiaux, par son existence. Ce qui reste de ce livre, c’est le découragement empreint de cynisme  indissociable du ton et du style de John Fante. Pour le reste…Bof, bof.

  • Métaphysique du chien - Philippe Ségur

    chien.jpgDes histoires d’hommes et d’animaux. Il y a Paul, le jeune homme taraudé par des questions existentielles qui abandonne tout pour suivre la voie du chien Knult, Véro la vétérinaire à la recherche de l’amour qui lui offre sa sollicitude et bien plus, Ange le mal nommé qui sévit dans le kidnapping d’animaux domestiques, l’insipide inspecteur Moskato qui a justement perdu petit bernard son caniche, l’homme au survêtement qui travaille à l’abattoir, Ange le prêtre philosophe qui a perdu la foi, l’invisible mais omniprésente vieille propriétaire de la moitié des logements du centre ville, Madame Moustille la vieille geignarde à la voix stridente dont la vie est désormais centrée sur son Teckel et Luciano le boucher débonnaire qui essaie de réconcilier tout ce monde.

    Foison de personnages originaux que l’on découvre au fur et à mesure, à chaque fois dans des aventures un peu plus burlesques, toujours un peu plus liés les uns aux autres jusqu’à la fin du livre. Si l’entrée en matière se fait sur un rythme plutôt lent, la machine se met finalement en marche et révèle un vrai talent de conteur et une réelle créativité dans les personnages et une certaine drôlerie dans les situations.  Philippe Ségur est un romancier habile qui s’amuse avec ses créatures iconoclastes dans un bon jeu de pistes et de coïncidences bâti autour des animaux et saupoudré de questions existentielles. Drôle, simple, efficace, bien construit.