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expérience

  • Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

    dans-les-forets-de-siberie.jpgJe ne connaissais pas Sylvain Tesson avant la parution de Dans les forêts de Sibérie. Un petit tour rapide sur le net m’a permis de savoir à qui j’avais affaire. Sylvain Tesson, c’est le genre de bonhomme capable de faire le tour du monde à bicyclette, de traverser l’Himalaya à pied et les steppes d’Asie centrale à cheval etc. En bref, un aventurier. Pas étonnant donc que l’homme se soit décidé à passer six mois, de février à juillet,  en solitaire, dans une cabane au bord du lac Baïkal, au fin fond de la Sibérie. C’est cette expérience originale et aussi l’écho de la rentrée littéraire précédente – il a reçu le prix Médicis essai 2011- qui m’ont attiré.

    Il n’est pas question de remettre en cause ici l’expérience vécue par Sylvain Tesson. Elle est unique et a dû être incroyable à vivre en vrai. Il ne s’agissait pas seulement de vivre loin de chez soi et loin du confort matériel minimum auquel l’on ne fait plus attention au quotidien. A cela se sont ajoutées les difficultés inhérentes au lieu de retraite choisi par Sylvain Tesson, les conditions climatiques dantesques, l’absence relative de compagnie (les plus proches voisins étaient à plusieurs heures) et la nécessité de suer pour subvenir à certains de ses besoins au-delà de ses provisions initiales.

    Pour le meilleur, le journal de ces aventures donne donc dans le nature writing avec des descriptions de la nature et des moments purs vécus par Sylvain Tesson en Sibérie. Ce n’est malheureusement pas souvent que le livre donne à apprécier les paysages, cette nature sauvage ou même quelques instants habités par un Sylvain Tesson abandonné, immergé dans son aventure. C’est même plutôt rare. La plupart du temps, Sylvain Tesson se complaît à raconter ses interminables sessions de vodka avec l’un des innombrables camarades  - tous plus ou moins prénommés Volodia ou Sergueï – de passage en crachant sur le reste du monde. A tel point que l’on peut se demander s’il s’agissait vraiment d’un voyage en solitaire et avoir l’impression qu’il a surtout passé son temps à s’enivrer et à mépriser tout le reste. N’y avait-il pas plus ou mieux à extraire de cette expérience – ou en tout cas à restituer ?

    Mais ce n’est pas le pire. Ce qui rebute vraiment à la lecture de Dans les forêts de Sibérie, c’est l’aspect donneur de leçons sur le monde, la façon de vivre et j’en passe, le ton satisfait, le côté imbu de son aventure, voire de sa personne de Sylvain Tesson. Il faut déjà supporter le style tout en affirmations péremptoires, en vérités immuables, en aphorismes bidons. Il n’écrit pas, il assène. C’est d’autant plus gênant que souvent on nage dans la philosophie au ras des pâquerettes, dans des commentaires banals, voire dans les clichés. Et encore je ne m’étendrai pas sur ses lectures dont on ne retire pas grand-chose au final.

    Toute tentative de retrait du monde moderne porte au moins en creux une charge critique à l’encontre de ce dernier. Il y en a de plus intéressantes, de plus profondes, de beaucoup moins verbeuses et condescendantes que celles de Sylvain Tesson.

    Fortement dispensable.

  • Dix neuf secondes - Pierre Charras

    dix_neuf_secondes.jpgSandrine et Gabriel s’interrogent sur leur amour. Ils sentent que la passion a cédé à la routine, que l’ennui pointe avec les habitudes. Ils n’ont pas envie de laisser pourrir leur relation jusqu’à la rupture. Alors ils s’inventent un jeu complètement débile, une épreuve totalement absurde: Gabriel va attendre Sandrine à la station de métro Nation, au passage du RER, à une heure très précise, à l’entrée du troisième wagon. Si Sandrine veut poursuivre l’aventure, elle descendra de ce wagon, sinon, c’est la fin.

    Pas vraiment crédible, ce scénario fleur bleue, n’évite pas de surcroît les poncifs sur l’amour qui s’étiole, le couple etc. Ce ne sont pas les portraits des personnages qui accompagnent Sandrine dans le métro, ni la révélation d’un secret censé être à l’origine des fissures du couple qui peuvent changer la donne. Les bons sentiments à la grosse cuillère, c'est parfois écœurant. La première partie du livre est assez banale, convenue, et les pages défilent dans le flot des monologues intérieurs.

    La seconde partie aurait pu avoir plus d’impact, d’abord si l’évènement qui se produit dans le métro n’aurait pu être si aisément devinable. Pas de surprise donc et des attentes déçues sur le développement opéré autour de cet évènement – sur lequel je n’en dirai pas plus-  mais qui recelait un réel potentiel. Là encore, le peu de crédibilité des situations et une action menée à la va vite, l’absence de profondeur donné à l’ensemble déçoivent et désintéressent  le lecteur. La troisième partie du livre souffre des mêmes défauts que les précédentes. Elle se replie sur les conséquences de l’évènement sur la vie de Gabriel et explore une piste donc pas forcément inattendue et finalement  bâclée.

    Bof.