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football

  • L'angoisse du gardien de but au moment du penalty - Peter Handke

    pen.jpgJe n'avais pas été convaincu par le premier roman de Peter Handke que j'avais lu: l'absence. J'ai quand même récidivé sans doute vaincu par les honneurs qu'il reçoit à tour de bras, par le titre du livre aussi. Mais disons le clairement, mis à part un certain génie du titre - voir sa bibliographie - on se demande bien ce qui peut faire crier au talent quand on lit ce Peter Handke. Argumentons.

    Il n'y a pas d'intrigue dans ce livre, juste la déambulation d'un ancien gardien de but qui se croyant viré de son emploi, erre, étrangle une femme au passage et finit son parcours lors d'un match de foot durant lequel le goal arrête le penalty - mal tiré au demeurant...Je n'ai rien contre les auteurs qui se passent d'intrigue, seulement il faut trouver autre chose à la place, des pensées, des situations, n'importe quoi sauf l'alternative de Peter Handke, c'est à dire des descriptions interminables qui n'ont pas vraiment de sens, ne sont pas liées aux pensées du personnage, à quoi que ce soit. Dire pendant 150 pages que le héros a marché, a mis une pièce dans le juke-box, a mangé, a bu un verre, est parti ici, est revenu, etc. ce n'est que du vide, une entreprise sans but.

    Que peuvent bien avancer les thuriféraires de Peter Handke ? Il déconstruit l'intrigue, le roman, etc. ? D'accord, tout est déjà déconstruit, il faudrait peut-être penser à construire quelque chose maintenant. Il est un maître de l'absurde ? Ce sont plutôt leurs louanges qui paraissent absurdes. Je crois que l'absurde est censé démontrer quelque chose ou dénoncer, révéler. Les intentions de l'absurde de Peter Handke m'échappent totalement. Si c'est de l'absurde pour de l'absurde, soyons bref, je déteste ce genre d'entreprise. Et le style alors, argument fatal qui pourrait faire tenir tout ça, qui pourrait amener le débat vers l'écriture ? Rien. Le moins que l'on puisse dire est que je ne me pâme pas devant le style de Peter Handke. Il ne provoque en moi qu'un ennui profond.

    Pour conclure, je vais un peu me moquer de la quatrième de couverture qui parle d'itinéraire intérieur au sujet d'un personnage sans intériorité véritable. Elle parle aussi de fausse allure de roman policier certainement à cause du meurtre négligemment jeté au milieu du roman. Enfin elle révèle qu'avec ce livre Peter Handke démontre sa maitrise. De quoi ai-je envie de dire ? Du néant ? Absolument. 

    Aucun intérêt.