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golf

  • Train – Pete Dexter

    Train.jpgLionel Walk Junior est noir et a 18 ans. Il travaille comme caddie pour un club de golf classe et est surnommé Train. Il ne le sait pas, mais sa vie bascule le jour où il rencontre Miller Packard sur un des greens du club. Miller est différent des autres clients du club, peut-être différent tout court. Ce n’est pas vraiment un de ces bourgeois racistes et médiocres qui s’imbibent et parient une fortune sur un swing qu’ils n’ont pas. Surtout, Miller a repéré le talent unique de Train. Que serait-il advenu de ces deux là sans la rencontre providentielle entre Miller Packard et Norah, une belle plante à qui il porte secours alors qu’elle vient d’être sauvagement agressée ?  

    Ce sont les années 50, on est à L.A et je peux vous dire que les anges sont bien loin d’ici parce que l’univers que décrit Pete Dexter est noir, très noir. Avec Train, il nous dit quelque chose de l’Amérique raciste de la période de la ségrégation. Les rapports entre les noirs et les blancs, autour du sexe, de l’argent, de l’art et du travail sont au centre du livre. Il y a quelque chose de dur et d’intense qui sous-tend le livre et qui finit par éclater lors de certains passages dans une violence brute, mais pas uniquement.

    Le livre est construit sur un rythme sinusoïdal qui s’accélère progressivement, d’un calme relatif à un enchaînement de bouleversements, précipitant ainsi Train le personnage principal, d’une tragédie et d’un abîme à une situation relativement plus calme et ainsi de suite. Pete Dexter prend donc d’abord le temps d’installer son trio Miller, Train, Norah et d’imbriquer ensuite leurs histoires à coups de coïncidences savamment arrangées et dignes d’un bon film noir de la grande époque. Il arrive à nous faire (sou) rire et à nous toucher tout en décrivant des situations difficiles et tendues.

    Il faut dire qu’il sait s’y prendre en matière de narration. Les scènes ont quelque chose de visuel et de marquant (une écriture quasiment cinématographique) quand elles ne sont pas tout simplement originales, les dialogues sont maîtrisés et il y a du souffle et de l’intérêt dans la narration, que ce soit du point de vue de Miller, Norah ou Train. C'est aussi que les personnages principaux ou secondaires sont des figures (Plural, Miller) avec ce qu’il faut de pathétique et de vil pour nous les rendre attachants. Avec Train, Pete Dexter écrit un livre noir, imprégné d’une époque pas très ragoûtante et avec comme principal point fort l’ambiance.

    Solide.