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grande dépression

  • On achève bien les chevaux – Horace Mac Coy

    mc coy.jpgPublié durant l’entre-deux-guerres, On achève bien les chevaux est un livre témoin de la grande dépression qui a touché les Etats-Unis après le krach boursier de 1929. Le pays était le théâtre d’une grande vague de misère, de spectacles affligeants comme celui des marathons de danse qui sont au cœur du livre. En échange de repas gratuits et d’une prime qui leur permettrait de survivre à cette période de chômage et de pauvreté, des couples acceptaient de danser des heures et des jours jusqu’à total épuisement, sous les yeux d’un public voyeur. Le capitalisme le plus sauvage à l’œuvre : le mercantilisme omnipotent, l’exploitation de l’homme par l’homme dans les conditions les plus déplorables, la place aux instincts les plus vils, bassesse et déchéance.

    Le succès de l’œuvre d’Horace Mc Coy tient essentiellement à la mise en lumière d’une période difficile de l’histoire par l’intermédiaire de ses principaux protagonistes : Robert et Gloria. Ces pauvres hères qui viennent à peine de se rencontrer, chairs à cinéma du mirage hollywoodien, se lancent donc dans un de ses marathons dont l’issue tragique est annoncée en incipit du roman. Le temps que la sentence soit prononcée, chacune des phrases la composant ouvre les différents chapitres, Robert se remémore comment il en est arrivé à tuer Gloria, au bout de la souffrance physique et pour la libérer d’un désespoir qui la rongeait de l’intérieur.

    Pour ma part, j’ai du mal à faire grand cas du livre même si j’en perçois l’intérêt décrit ci-dessus, d’autant plus que la critique d’un système capitaliste ayant mis à genoux une société et ses valeurs me semble particulièrement pertinente de nos jours. Peut-être parce qu’en dépit de sa brièveté, le livre m’a paru aussi long qu’un de ces fameux marathons de danse. Peut-être parce que les péripéties qui meublent les pages en attendant la mort de Gloria ne m’ont pas semblé pouvoir maintenir le souffle d’un récit qui s’étiole malgré un certain suspens. Peut-être parce que nous restons au bord des personnages, pas assez près du désespoir de Gloria, pas assez loin dans la psychologie de Robert. Peut-être parce que le passage à l'acte de Robert est finalement pas très bien amené. Peut-être enfin parce qu’Il est en plus difficile de se raccrocher à une langue d’un intérêt limité, finalement transparente, qui lasse à force de dialogues répétitifs.

    Pas convaincu.