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hiver

  • La vierge froide et autres racontars – Jorn Riel

    La-vierge-froide-et-autres-racontars.jpgPourquoi pas une autre série de racontars ? Voilà ce que je me suis dit devant le rayonnage de la librairie. J’avais envie de retrouver le caractère unique de ces nouvelles qui ont fait la renommée de Jorn Riel. Ce n’est pas tant qu’elles sont extraordinaires. Stylistiquement parlant, difficile d’être ébloui, de même parfois pour le reste d’ailleurs. C’est juste qu’elles sont singulières et plaisantes. A même de faire passer un bon moment, même si elles sont inégales et plutôt simples.

    Singulières donc par leur univers : le Groenland, monde froid et hostile. L’île est essentiellement habitée par des hommes qui se débrouillent dans des conditions de vie extrêmes pour survivre, bien entendu aux conditions météorologiques, mais aussi aux tâches ingrates du quotidien, à l’absence de femmes et de distractions, à la solitude donc, également liée à l’éloignement géographique les uns des autres sur cette île à très faible densité de population. Comment faire donc si ce n’est essayer de mettre un peu d’inventivité et de poésie dans leurs histoires, dont le point de départ est souvent l’arrivée d’un visiteur en transit, dans cette sorte d’enfer.

    Quelque fois on sourit donc de ces mésaventures, on prend l’habitude de connaître les personnages récurrents comme l’impayable Valfred ou d’autres. Rien de génial, juste des histoires donc, des contes plus ou moins réussis. Certains racontars sont des délices de rocambolesque, comme « Le dressage d’un lieutenant » ou comment rabattre son caquet à un petit chef ignorant des réalités quotidiennes de ces hommes, ou encore « De joyeuses funérailles » quand la mort et la fête cohabitent dans un imbroglio sans nom. D’autres sont assez tristes, gorgées de solitude, comme « Le roi oscar » et son quiproquo meurtrier, « Alexandre » ou le coq comme fidèle compagnon, « Tournée de visites ». Il y en a aussi des pas très convaincantes comme « Le vent du Sud-est » sur le manque de sexe, « Le tatoueur » débarqué sur l’île avec son matos pour faire des ravages.

    Ces racontars sont atypiques et font passer un petit moment sympathique. 

  • Passer l'hiver - Olivier Adam

    passerlhiver.jpgJ'ai beaucoup apprécié ce recueil de nouvelles construit autour du desespoir. Dans des decors froids, hivernaux - d'où le titre -, des vies se livrent, s'éparpillent dans un malheur petit ou grand: couple qui ne marche pas, misère du travail, agonie d'un être cher, etc. Que du commun qu'il est facile d'appréhender. Les traces de mélancolie et d'épuisement ont une authenticité indéniable. Les connections entre la froide saison et les aventures quotidiennes, minuscules des personnages qui sentent la défaite, la fêlure ajoutent au sentiment d'ereintement, de nostalgie, de lassitude. Les personnages de Passer l'hiver sont en rupture, à la recherche du simple plaisir, du petit bonheur, du petit quelque chose, l'étincelle qui leur arrachera un sourire et ravivera ce qui leur reste d'espoir - et qu'on peut ressentir au détour d'une phrase.

    Un livre chaud et delicat, bizarrement. Bien.