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inventivité

  • On s’habitue aux fins du monde - Martin Page

    mp.jpgElias est un jeune producteur de cinéma efficace. Le livre débute quand il reçoit un prix. L’avenir s’offre à lui qui, à force de travail et d’abnégation, s’est tracé une voie dans ce milieu de requins. Dans quelques jours, il part en Afrique suivre la réalisation d’un film du grand Martin Caldeira. Tout serait parfait si sa petite amie Clarisse ne l’avait quittée depuis quelques jours. Anecdotique ? Non, avec le départ de Clarisse, c’est tout l’univers d’Elias qui s’effondre. Qui est-il vraiment ? Que fait-il dans cet univers d’apparences, de faux-semblants, de scandales et d’ambitions ? Qu’a bien pu être son histoire avec Clarisse, une alcoolique qu’il a tenu à bout de bras et sauvée ? Que faire maintenant que son monde se déglingue ? Quel autre moi construire ?

    Martin Page est un écrivain intelligent qui arrive à glisser dans chacune de ces pages une certaine profondeur et une terrible acuité sur l’existence. Il interroge tout en finesse la vie moderne. Tout y passe sans qu’on ait l’air d’y toucher, avec une grande subtilité. Elias le héros traverse le roman en voyant exploser ci et là des crises existentielles que les lecteurs peuvent s’approprier. De l’amitié, de l’amour, de l’identité sociale et réelle, de la modernité, de la vie tout simplement. Petits traités de quelques lignes et grande ambition de réflexion. Ceux qui connaissent Martin Page lui reconnaîtront en plus cette fantaisie poétique, cette capacité à insérer un peu de féerie dans son univers.

    Il y a un savoir-faire qui donne cette impression de douce folie et de légèreté qui emporte le lecteur sur les pistes tracées par l’auteur. Il y a aussi cette inventivité dans les personnages secondaires, dans leurs folies. Il utilise chacun de ces êtres spéciaux, parfois improbables, qu’il crée pour développer son histoire, appuyer ses idées, distiller sa fantaisie, utiliser sa créativité et ravir le lecteur. Il est juste dommage que des incohérences fleurissent ci et là, que certaines pistes soient abandonnées en cours de route et surtout que la fin du livre soit plutôt bâclée, précipitée. Agréable et intelligent néanmoins.