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  • Tentative d’épuisement d’un lieu parisien – Georges Perec

    9782267019599_1.jpgPublié en 1975, tentative d’épuisement d’un lieu parisien, est un ouvrage qui s’inscrit parfaitement dans la logique de l’OULIPO (ouvroir de littérature potentielle), le mouvement littéraire dont faisait partie Georges Perec. C’est une expérience tentée par l’auteur qui s’est assis pendant 3 jours d’affilée à différents moments de la journée à différents endroits de la place Saint Sulpice. L’objectif avoué était de saisir la vie quotidienne de cet endroit en notant tout ce qu’il perçoit. Soyons honnête, c’est un échec total, même s’il est possible de voir dans cette tentative quelque chose de l’essence de la vie, mode d’emploi qui sera lui un inégalé et impressionnant exercice littéraire. Je m’explique.

    Georges Perec a la manie des listes. Autant elles peuvent prendre sens dans certaines descriptions, autant elles sont en cohérence avec l’essence du livre comme dans les choses -lorsqu’elles révèlent le bête empilement des objets dans la logique consumériste – autant elles semblent tourner à vide dans tentative d’épuisement d’un lieu parisien. Il n’y a dans cet ouvrage que des listes dont je ne suis pas convaincu par les récurrences, ni par les conclusions que l’on peut tirer de l’absence de récurrences. C’est tout simplement un empilement fastidieux et ennuyeux de mots. Oui, on se fait chier et on n’est pas convaincu.

    Les trop rares passages où Georges Perec s’exprime sur l’expérience qu’il est en train de mener ne suffisent pas à relever l’intérêt de l’entreprise. Ils auraient pu car il y avait matière. Seulement, aucun angle particulier n’a été choisi ou n’est exploité par Georges Perec et si propos il y a, il est dilué dans les interminables descriptions. L’idée est vaincue par sa réalisation. Non, il ne ressort pas grand-chose de tentative d’épuisement d’un lieu parisien qui n’épuise rien – hormis le lecteur - tellement il semble parcellaire - forcément -, biaisé dans sa tentative. Tant qu’à faire je recommande plutôt à chacun de se livrer à sa propre tentative d’épuisement d’un lieu, ni Saint Sulpice, ni forcément parisien.

    En un mot : dubitatif.