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livres

  • Les combustibles - Amélie Nothomb

    combustibles.jpgQue vaut la littérature, les belles phrases, les mots, devant la souffrance physique, la douleur ? Quelle utilité de tout ce papier, de tous ces discours qui s’accumulent quand le mal est présent ? La question explicite est celle du pouvoir réel de la littérature ? A sa façon, Jean-Paul Sartre y a répondu en une phrase restée célèbre : «En face d'un enfant qui meurt, La Nausée ne fait pas le poids.» Le professeur, Daniel et Marina, les personnages de ce texte très court d'Amélie Nothomb s’interrogent sur le choix des livres à brûler pour survivre dans un terrible contexte de guerre et de froid qui motive un salvateur autodafé. Quels chefs d'oeuvre sauver avant d'autres ? Pourquoi ?

    Bonnes questions pour un mauvais roman. Il n’y a rien à dire sauf que l’on s’ennuie, heureux de la brièveté du texte. Ce bavardage aventureux s’évanouit très vite de notre esprit – heureusement- parce qu’il manque de force, de vitalité, de tension, et effleure à peine ces questions profondes. Il faut dire que l'ensemble est mal mis en scène et insignifiant. Que dire sinon qu'on passe simplement à côté de tout, personnages, contexte en arrière plan et problématiques. Ne reste que le verbiage...

    Nul.

  • L'oiseau d'amérique - Walter Tevis

    sfw_9782070306251.jpgChez Walter Tevis, il y a deux dimensions indissociables: la science-fiction et l'humain. La première ne semble toujours qu'un cadre pour mieux explorer la seconde à travers les personnages. Et les personnages, c'est ce que Walter Tevis fait de mieux. Des héros mélancoliques qui cherchent désespérément du sens après avoir déchiré le voile du réel.

    Dans l'oiseau d’Amérique, il y a Spotforth le robot supérieur suicidaire, envahi par la condition humaine, Paul et Mary-Lou les rescapés involontaires d'une société totalitaire d'une drôle de façon. Ces héros évoluent en effet dans un cadre de dystopie original. Leur société a poussé au maximum la notion de plaisir, rejetant ainsi la culture, l'ambition, grâce à un monde d'abord servi, puis ensuite contrôlé par les robots. Ce monde hyper individualiste meurt d'un idéal de solitude et de plaisir qui le conduit vers l'extinction dans un délire de drogue et de technologie. La comparaison au meilleur des mondes n'est pas fortuite, quelques codes de la dystopie, quelques emprunts aux réussites du genre, donnent de la matière à cette œuvre sensible. Le terme est adéquat et reflète l'originalité de l’œuvre. La sensibilité et la mélancolie y sont d'une rareté inégalée dans le monde de la science-fiction.

    Il y a dans ce livre, un surcroît d'humanité pour une découverte et une redécouverte de soi, du monde, de la culture, du savoir, du lien social. Il y a des pages chaudes et brûlantes de cette humanité un peu triste, défaite, mais si belle, volontaire dans sa marche vers le renouveau. Et évidemment, le livre, la lecture, la littérature ne sont pas innocents dans ce grand chamboulement.

    Bien.

  • Fahrenheit 451 - Ray Bradbury

    f451.jpgC’est grâce à des œuvres comme celles-ci que la science-fiction a acquis ses lettres de noblesse et a démontré qu’elle n’avait rien à envier à la littérature générale. C’est avec une écriture recherchée, riche en images que Ray Bradbury dessine une puissante dystopie.

    Cette société aseptisée, envahie par les loisirs, la distraction, la futilité et la publicité est une vision terrifiante, extrême de la société de consommation et de loisir contemporaine. Ray Bradbury a perçu avec une sensibilité hors du commun, le malaise des glorieuses années de la croissance et de la société de consommation. Il a senti ce vide qui menaçait la culture classique autant que la barbarie pouvait le faire, mais d'une façon plus sournoise.

    Guy Montag, son héros, est un pompier, ce qui signifie dans le futur qu'il est chargé de brûler tous les livres afin de réduire à néant leur pouvoir de subversion sur une société trop lisse, trop plate, aseptisée, toute entière tournée vers la distraction et la recherche de l'adrénaline. Mais que devient un agent de ce pouvoir en place quand il commence à douter et en arrive à lire ? Il devient un personnage mythique qui porte cette œuvre jusqu’à une grandiose apothéose: les hommes-livres. 

    Fahrenheit 451 est le symbole d’une menace toujours présente, une épée de Damoclès toujours au-dessus de la civilisation: on peut recommencer à brûler les livres du jour au lendemain comme aux pires heures d’hier. La culture peut s'effondrer et laisser place à l'obscurité.

    Brûlant et poétique.