Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

oppression

  • Née de la côte d’Adam – Nurrudin Farah

    Née de la côte d'adam.gifNée de la côte d’adam est le premier roman de l’auteur somalien Nurrudin Farah. Il conte l’histoire d’Ebla, jeune fille qui s’enfuit de son village de la Somalie profonde pour échapper à un mariage avec un vieillard qui a été arrangé par son grand-père contre deux chameaux. Direction donc la ville et la maison d’un cousin pour cette fille de la campagne qui se retrouve très vite confrontée à de multiples difficultés.
    L’histoire d’Ebla, c’est un condensé de maux qui frappent les femmes et qui subsistent encore dans l’Afrique moderne. Cette dernière, illettrée, découvrant la ville, est exploitée à plus d’un titre lors de son périple. Pour se rendre utile à la ville, chez son cousin, Ebla n’a d’autre choix que de faire office de servante. Très vite, elle se retrouve à nouveau confrontée à une dépossession d’elle-même et de son corps puisqu’à nouveau promise à un autre par son cousin. La solution est-elle toujours dans la fuite ? Peut-être pas pour la jeune femme qui continue de prendre son destin en main du mieux qu’elle peut mais en s’offrant à celui qu’elle souhaite.
    C’est un portrait de femme complexe que nous livre Nurrudin Farah. Le roman étant situé à la veille de l’indépendance de la Somalie, l’attitude de la jeune Ebla est réellement audacieuse. Loin de se laisser faire, cette dernière n’hésite pas à partir ou à prendre un amant quand elle le juge nécessaire, hors toute considération amoureuse. Elle est forte et ne recherche pas forcément le soutien et l’approbation des autres et pourtant ne semble néanmoins pas envisager de possibilités loin des hommes qui constituent son horizon principal. Comme une fatalité.
    Née de la côte d’Adam est un livre dont l’intérêt principal réside dans cette critique du statut et du traitement de la femme dans la société somalienne. L’impact de ce regard lucide sur l’asservissement de la femme, jugée inférieure de l’homme est néanmoins fortement tempéré par les défauts du livre de Nurrudin Farah. Née de la côte d’Adam est plutôt ennuyeux. Il est d’abord desservi par une narration qui manque de souffle malgré les multiples aventures que vit Ebla. Nurrudin Farah a opté pour un ton monocorde et pour des dialogues très succincts, pauvres en contenu, qui affadissent son propos. Tout le mérite que l’on peut reconnaître à l’engagement du livre ne peut escamoter par exemple la faiblesse des personnages secondaires qui ont peu de relief et ne sont pas vraiment exploités (ex : la voisine du cousin d’Ebla, le mari et l’amant qu’elle se choisit…) ou encore les dénouements un peu abrupts que Nurrudin Farah apporte à plusieurs situations que vit Ebla.

    Le genre de livre qu’on aimerait adorer mais qu’on a du mal à finir et dont on garde un souvenir lointain et mitigé. Quelconque au final.