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polar

  • Une histoire simple – Leonardo Sciascia

    Sciascia.jpgUne histoire simple. La veille d’une fête de village quelque part en Sicile, un appel parvient au commissariat. Giorgio Roccella a découvert dans sa maison qu’il n’habitait plus depuis plusieurs années quelque chose qu’il souhaite montrer aux policiers. Ces derniers ne se présenteront que le lendemain à son domicile pour trouver son cadavre. Si pour le brigadier qui mène l’enquête, il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un meurtre, le préfet préfère contre toute logique privilégier la piste du suicide. Seulement voilà, les indices s’accumulent progressivement, le tableau de cette enquête se complexifie et plus rien n’est aussi simple qu’il n’en a l’air… Très rapidement le brigadier découvre que beaucoup de gens mentent et que ce n’est pas un hasard si d’autres cadavres apparaissent. La maison de Giorgio Roccella semblait être le théâtre et le nœud de bien des choses suspectes.

    Une histoire simple est un petit plaisir qui condense un peu du meilleur de Léonardo Sciascia. Une intrigue policière fascinante qui le place dans le registre du polar qu’il enrichit du contexte sicilien, faisant la part belle à la mafia, à ses trafics, à son influence et à la corruption généralisée. Concis mais dense et précis, complexe tout en étant limpide et saisissant, Léonardo Sciascia fait montre de tout son talent. Habile dans sa construction, une histoire simple est également aidée par une langue un peu moins alambiquée qu’elle ne peut l’être dans d’autres productions de l’écrivain italien. Tout est suggéré avec justesse dans ce récit mâtiné d’une pointe d’ironie et qui porte un regard lucide et cruel sur la corruption des mœurs et sur la Sicile.

    Solide, prenant, plaisant.

  • La bête et la belle - Thierry Jonquet

    bete et belle.jpgThierry Jonquet écrit des polars à sa façon, différente. Le coupable a tué le visiteur, mais est-il aussi le meurtrier de la vieille, du gamin et du commis ? L’inspecteur Gabelou enquête, se basant sur les cassettes de confession du coupable dans lesquelles il relate ses méfaits. Il n’est pas le seul, l’emmerdeur, employé des assurances, essaie lui aussi de tout démêler et surtout d’incriminer le coupable dans tous ces crimes afin d’exonérer sa compagnie de certains frais. Mais le coupable étant à l’article de la mort, le seul témoin valable, celui qui sait tout, mais qui ne dira rien, c’est le vieux Léon.

    Le lecteur s’embarque dans l’affaire, habilement menée. Petit à petit, la vérité va être révélée et on saura qui est le vieux Léon, son rôle dans toute cette affaire. Thierry Jonquet détourne habilement le conte classique de la belle et de la bête, à sa façon. Et si la belle n’était pas l’ange du conte, mais un démon persécuteur, une ambitieuse, une chieuse, une perverse adultère ? Et si la bête n’était pas ce que l’on pense exactement ? Et si le prince dans tout cela était un être tourmenté et malade ? Les faux semblants sont nombreux et l’auteur révèle de belles surprises dans son dénouement. Il ne fait pas que mener en barque le lecteur à travers les mystères, il décrit aussi l’univers étriqué d’une petite ville quelconque entre un monde ouvrier à la dérive et une classe plus que moyenne en souffrance.

    Encore plus impressionnante que cette toile de fond, est la façon dont Thierry Jonquet traite d’une dérive mentale, d’une réelle solitude, d’ambitions cachées et déçues, de son personnage principal à la fois absent et omniprésent : le coupable. Son angle de narration à travers le vieux Léon donne une modestie à toute cette affaire qui implose à la fin. Il y a quelque chose d’essentiel tiré du drame conjugal, de la pente douce de la folie, de la mascarade des apparences sociales, de la solitude qui perce dans ce livre, au-delà de la performance narrative et des bonnes astuces de Thierry Jonquet.

    Bon.