Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

portrait

  • Ravelstein - Saul Bellow

    RavelsteinNovel.jpg

    Le dernier livre paru de Saul Bellow a enthousiasmé la presse qui est quasi unanime. Je dois avouer cependant qu'après lecture, Ravelstein s'est révélé une déception.

    Le livre est apparemment le portrait d'Allan Bloom, intellectuel, brillant et atypique, ami de Saul Bellow. Personnellement, ne connaissant pas ce professeur certainement émérite, je suis à côté de toutes les polémiques qui ont eu lien avec la justesse de la représentation d'Allan Bloom sous les traits d'Abe Ravelstein. Le portrait de ce professeur atypique et original ne me renvoie donc qu'au personnage de fiction.

    C'est un héros qui figure apparemment un archétype chez Saul Bellow. Un intellectuel juif perdu dans une singularité qui est source de souffrance dans un quotidien un peu déglingué. En fait, il ressemble à un de ces personnages extraordinaires que l’on souhaiterait rencontrer au moins une fois dans sa vie, si ce n’est le fréquenter régulièrement comme le narrateur. Dans sa description du personnage, Saul Bellow laisse effectivement entrevoir un personnage à même de plonger dans les pires outrages et excès que de s'envoler vers des hauteurs artistiques ou philosophiques.

    Seulement voilà, il se trouve que Saul Bellow illustre mal le génie de ce personnage. Il le dit plus qu'il ne le fait sentir, vivre ou penser. D'une certaine façon, le génie de Ravelstein reste éloigné, comme lorsque quelqu'un vous parle d'une chose ou d'une personne formidable dont vous n'avez aucune idée et que vous vous contentez d'acquieser. On n'est pas au contact de Ravelstein. C'est peut-être la faute de la construction du livre qui est un galimatis d'anecdotes plus ou moins empilées dans le désordre.

    Alors, c'est Saul Bellow, donc évidemment, il y a beaucoup de culture et d'idées dans ce livre, il y a une certaine élégance du style, de la verve et de la légèreté. Cependant, le rythme plus ou mois saccadé et le désordre plus ou moins maîtrisé de l'ensemble, les passages quelconques sur la maladie du narrateur ou encore sur sa femme, affaiblissent réellement l'oeuvre.

    Rien de foudroyant.