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rencontre

  • L’homme du hasard - Yasmina Reza

    L'homme du hasard.jpgParis-Francfort, un homme et une femme se retrouvent seuls dans un compartiment de train. Chacun est perdu dans ses pensées. Deux monologues à priori déconnectés mais qui se révèlent rapidement reliés. La femme est en train de lire l’homme du hasard, le dernier ouvrage de l’écrivain renommé Paul Parsky qui n’est personne d’autre que l’homme en face d’elle, qu’elle a reconnu.
    Cette pièce de théâtre joue sur plusieurs ressorts évidents : une mise en abyme potentielle avec son titre qui est celui du livre que la femme a entre les mains, un autre jeu autour du titre au sujet du hasard qui amène de manière improbable l’écrivain à se retrouver face à une femme en pleine lecture de son dernier ouvrage, une tension ou un suspens sur ce dont peu accoucher une telle mise en situation de ces deux personnages.
    Malheureusement aucun de ces ressorts ne fonctionne pleinement et il est difficile de dépasser une sensation de vacuité et d’inabouti à la lecture de cette pièce. Il y a un aspect artificiel dans ces procédés qui est encore plus criant en raison du minimalisme de la pièce.
    Restent maintenant les deux monologues qui constituent pour chacun des personnages des regards en arrière – contraste facile avec le train qui avance etc. Ces derniers sont plutôt banals avec cet écrivain un peu misanthrope, doutant quelque peu de la valeur de certains de ses ouvrages, et cette femme qui hésite sentimentalement. Une épaisseur proche du néant et un ton froid n’aide pas à donner de la chair à ces personnages de papier.


    Une première rencontre très décevante avec Yasmina Reza.
    Déjà oublié.

  • Un bonheur de rencontre – Ian McEwan

    51GJ3NJEPYL.jpgUn couple tranquille, Mary et Colin, s’ennuie pendant ses vacances à l’étranger, dans une ville Européenne jamais nommée. Au menu, pas grand-chose, paresse dans la chambre d’hôtel, à la terrasse des cafés, parfois des moments d’amour ou de sexe, quelques disputes, des déambulations qui les égarent dans cette ville, la rébarbative recherche de restaurants, etc. Langueur d’un couple de 7 ans englué dans une routine qui ne peut être mieux décrite : «Cela avait cessé d’être une grande passion. Ses plaisirs résidaient dans une amitié dépourvue d’urgence, dans la familiarité de ses rites et de ses processus, dans la sûreté et la précision avec lesquelles les membres et les corps s’adaptaient les uns aux autres, confortablement, comme un moulage retournant au moule».

    Tout va basculer avec la rencontre de Robert qui surgit à un moment où le couple est perdu et les entraîne plus ou moins contre leur gré dans un bar. Affable mais dérangeant dans son attitude, dans son discours, un peu mystérieux , cet homme va progressivement faire pénétrer Colin et Mary dans son univers. Racontant son histoire familiale, les invitant chez lui, leur présentant sa femme Caroline, déroulant quelques théories sur le couple et l’évolution des relations intersexuelles, Robert ouvre lentement un abîme sous les pieds du couple. Au bout du tunnel, un drame, qui ne surprend finalement personne, attendu.

    Lent, collant au rythme de ce couple qui s’ennuie, Ian Mc Ewan installe une atmosphère oscillant entre l’attente, le désoeuvrement et le malaise. Il y a quelque chose de dérangeant dans un bonheur de rencontre. La langue précise, riche de l’auteur anglais est déployée à travers de longues descriptions qui participent de l’ambiance hybride du livre. C’est une entreprise de dénudement qui est menée. Nous sommes dans les entrailles d’un couple que la langue d’Ian Mc Ewan triture tout en y injectant un poison par le biais des personnages de Robert et Caroline.

    Le miracle de l’écriture d’Ian Mc Ewan est donc bien là, mais ne suffit pas. En effet, il est difficile de ne pas être contaminé par l’ennui de ce couple qui n’a rien de bien passionnant. Quant au mystère de Robert et Caroline, diffus, il prend de l’ampleur pour finalement exploser dans la dernière partie du livre, un peu tardivement. Restent l’atmosphère dérangeante et la brutalité de cette histoire qui laisse son lecteur face à des questions dérangeantes sur le couple, le sexe, la violence intersexuelle, entre autres.

    Un Ian Mc Ewan quand même en mode mineur.