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  • L'oiseau d'amérique - Walter Tevis

    sfw_9782070306251.jpgChez Walter Tevis, il y a deux dimensions indissociables: la science-fiction et l'humain. La première ne semble toujours qu'un cadre pour mieux explorer la seconde à travers les personnages. Et les personnages, c'est ce que Walter Tevis fait de mieux. Des héros mélancoliques qui cherchent désespérément du sens après avoir déchiré le voile du réel.

    Dans l'oiseau d’Amérique, il y a Spotforth le robot supérieur suicidaire, envahi par la condition humaine, Paul et Mary-Lou les rescapés involontaires d'une société totalitaire d'une drôle de façon. Ces héros évoluent en effet dans un cadre de dystopie original. Leur société a poussé au maximum la notion de plaisir, rejetant ainsi la culture, l'ambition, grâce à un monde d'abord servi, puis ensuite contrôlé par les robots. Ce monde hyper individualiste meurt d'un idéal de solitude et de plaisir qui le conduit vers l'extinction dans un délire de drogue et de technologie. La comparaison au meilleur des mondes n'est pas fortuite, quelques codes de la dystopie, quelques emprunts aux réussites du genre, donnent de la matière à cette œuvre sensible. Le terme est adéquat et reflète l'originalité de l’œuvre. La sensibilité et la mélancolie y sont d'une rareté inégalée dans le monde de la science-fiction.

    Il y a dans ce livre, un surcroît d'humanité pour une découverte et une redécouverte de soi, du monde, de la culture, du savoir, du lien social. Il y a des pages chaudes et brûlantes de cette humanité un peu triste, défaite, mais si belle, volontaire dans sa marche vers le renouveau. Et évidemment, le livre, la lecture, la littérature ne sont pas innocents dans ce grand chamboulement.

    Bien.