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  • Pura Vida – Vie et mort de William Walker – Patrick Deville

    pura vida.jpgPura Vida, c’est l’incroyable histoire de William Walker, un aventurier américain qui a réussi au milieu du XIXème siècle à devenir le président du Nicaragua. Destin hors normes que celui de ce conquérant atypique qui à la suite d’une tragédie personnelle s’est lancé, jusqu’à sa mort tragique au Honduras, dans une folle et vaste tentative de conquête de plusieurs pays d’Amérique centrale. C’est une histoire riche en rebondissements que narre Patrick Deville. Les multiples tentatives de William Walker sont marquées du sceau de l’échec avec des accents épiques et pathétiques à la fois. Mercenaires, armées de fortunes, fuites dans la jungle, campagnes interminables et mal préparées, pillages, massacres, alliances friables et incertaines, héroïsme et décadence, sont les ingrédients de ce roman.

    Patrick Deville a pris le parti de mettre en scène un narrateur écrivain en train de faire les recherches en Amérique Centrale pour écrire la vie et la mort de William Walker. Sa progression est plus ou moins celle du lecteur qui le suit dans une sorte de road trip dont les résultats dépassent assez rapidement l’histoire de William Walker. Le narrateur s’immerge dans l’histoire très mouvementée de cette région du monde et au fil de ses rencontres avec notamment des écrivains, d’anciens révolutionnaires sandinistes. Le récit se gonfle rapidement des évènements et des personnages qui ont animé l’histoire du Nicaragua et des pays voisins depuis l’époque de William Walker.

    La prouesse du livre est d’arriver à retranscrire une ambiance unique propre à ces pays qui ont été le théâtre de la folle utopie de la révolution, qui ont connu les dictatures sanglantes et qui semblent désormais plongés dans une espèce de torpeur. Le livre de Patrick Deville est très détaillé et fourmille de milliers de détails qui donnent authenticité et intérêt à Pura Vida. Le travail de recherche est impressionnant et la passion de l’auteur pour ces histoires est transmise. Il y a quelque chose de fou et d’absolu, de désespéré et de grand, dans la vie et la mort de William Walker et dans celle de tous ces protagonistes qui défilent : le Che, Sandino, Les Somoza, etc. Cependant le livre est quelque part victime de sa construction. Eclatée, mêlée à celle d’autres personnages historiques, la vie et la mort de William Walker est parfois diluée, moins présente, pas aussi saignante et passionnante qu’elle ne pourrait l’être.

    Patrick Deville se libère de la chronologie également, et du coup c’est parfois tortueux, dense et un peu brouillon aussi, alors avouons qu’un dictionnaire ou un petit précis d’histoire de l’Amérique centrale peut-être utile pour remettre tout ça en ordre. Pour terminer, les passages narratifs concernant la petite vie du narrateur et ses rencontres avec des personnalités qui ont fait ou qui connaissent l’histoire de cette région sont parfois un peu longs et relativement vides.

    Certainement pas un chef d'oeuvre, handicapé par les défauts cités plus haut, Pura Vida n’en demeure pas moins un livre intéressant, doté d’un caractère propre et qui ouvre une multitude de portes sur l’histoire du Nicaragua et de l’Amérique centrale.