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socialisme

  • Croisade sans croix - Arthur Koestler

    csc.jpgArthur Koestler est un témoin capital du XXème siècle. Impossible de faire l’impasse sur cet auteur. Dans croisade sans croix, il se lance dans une étude subtile et profonde des motivations qui ont entraîné des millions de gens dans le carcan du communisme.

    Peter Slavek, le personnage principal, est le symbole de toute une génération qui a rêvé tout haut à l’aide de cette idéologie d’un monde meilleur, différent, plus juste, avant de se heurter à la réalité plus obscure, plus cruelle, plus opportuniste du parti communiste et du stalinisme. Réalité, désillusion qui ne les ont pas totalement dépossédés de leur rêve d’un autre monde. On comprend à travers l’analyse psychologique poussée de Peter, la puissance, le charme du communisme, du combat idéaliste, ses racines profondément ancrées dans l'histoire personnelle et le passé de chacun. Cette foi s'appuie souvent sur un ressort très intime, émotionnel.

    L’habileté d'Arthur Koestler consiste aussi à confronter son personnage à des idéologies contraires par le biais de personnages secondaires afin de mener la réflexion à son terme. Bernard représente ainsi le fascisme ou plus précisément le nazisme à l'état pur et Sonia avec ses idées de liberté, de déracinement, de jouissance préfigure un peu l’homme à venir, moderne, capitaliste, intégré dans la société de consommation, du loisir, du déplacement, du déracinement.

    Croisade sans croix nous permet de saisir la difficulté d'évoluer dans cette époque au carrefour des vents contraires du fascisme, du communisme et du capitalisme. Une époque où le choix pesait lourd. Après, c’est du Arthur Koestler, l’immersion dans l’histoire, dans ses horreurs, de la solidité dans la construction romanesque, beaucoup d'intelligence et de conviction, une certaine élégance de style.

    Bien.