09.11.2009

Mademoiselle Bonsoir / La reine des garces – Boris Vian

Sans titre.JPGMademoiselle Bonsoir

Ce texte inédit de Boris Vian est une comédie musicale qui n’a jamais vu le jour. A la base une belle idée un peu humaniste et un peu loufoque transformée en commerce florissant: une chanteuse pleine de charme pour bercer les insomniaques et les solitaires de toutes espèces. Pour le reste des ficelles classiques de Vaudeville, et une pièce qui gagnerait à être mise en scène. C’est assez plaisant, drôle par moments et d’une certaine fraîcheur et inventivité quand on laisse parler son imagination. Il ne faut cependant pas trop en attendre, seulement du plaisir rapide. Sur le papier, on a une grande louche d’amour, une pincée d’amitié, des gangsters d’opérette et des retournements de situation parfois un peu rapides, alambiqués pour une intrigue finalement simple et convenue. A prendre pour ce que c’est, un bon divertissement.

La reine des garces

 

            Parue en même temps que Mademoiselle Bonsoir, La reine des garces, est une pièce de théâtre plus longue qui fait montre de la même énergie et fantaisie dans le plus pur style théâtre de boulevard. Il faut reconnaître beaucoup de rythme à cette pièce qui enchaîne les péripéties et les retournements de situations. A partir d’une série de quiproquos, une jeune première blessée se transforme en garce prête à blesser tout son monde – père compris - et à tout écraser sur son passage, bien aidée par des personnages loufoques. C’est parfois drôle – moins que Mademoiselle Bonsoir -, truffé de bons mots – plus que Mademoiselle Bonsoir - et d’originalités, mais il y a également un peu plus de longueurs. C’est un bon vaudeville qui mériterait d’être monté pour apporter un bon moment de théâtre.

 

Difficile pour moi de dire en conclusion, dans quelle mesure ces deux vaudevilles plaisants ont quelque chose de spécial. Bien que de Boris Vian, ils ne me semblent pas supérieurs à d’autres, même si de bonne facture. Se laissent lire.

 

23.06.2009

Tartuffe - Molière

Tartuffe_Moli%C3%A8re_02.jpgCe n’est pas ma pièce préférée de Molière, entre autres en raison d’une fin un peu précipitée, mais cela reste quand même un classique qui a réussi à faire entrer le nom du personnage éponyme dans la langue pour désigner les hypocrites et les imposteurs. En fait, ce que j’aime dans cette pièce est ce qui est le propre et l’essence même de l’œuvre de molière. C’est un moraliste qui fait de l’humour. Il choisit un défaut de caractère, l’exagère et nous montre la vilénie de la nature humaine, dans son commerce quotidien avec autrui. Il nous fait indirectement la morale, avec le rire, le sourire et le bonheur d’une langue riche, brillante et prodigue en tours de force – merci les contraintes classiques. Un petit moment sympathique donc avec ce cher Tartuffe, faux dévot, vrai truand et hypocrite qui se joue d’Orgon pour obtenir des faveurs au plus grand dam de l’entourage de ce dernier.

19.06.2009

Monsieur Malaussène au théâtre - Daniel Pennac

monsieur-malaussene.jpgLe célèbre bouc émissaire de Pennac, Bernard Mallaussène, va avoir un enfant. Il en fait tout un plat. C'est un discours directement adressé à son futur enfant qu'il nous présente là. Et cela a peu d'intérêt malgré des ruses et des jeux de langage, la verve habituelle du personnage. Ceci est d'autant moins intéressant si l'on ne connaît pas le personnage et ses précédentes aventures. Même les fans reconnaîtront que c'est un Mallaussène en mode mineur qui manque de ce qui fait son succès, des péripéties, de la folie, ce monde unique de Belleville. Tant pis.

17.06.2009

Les mouches - Jean Paul Sartre

les mouches.jpgJean-Paul Sartre confectionne une tragédie grecque pour illustrer l’existentialisme. Oreste revient dans sa ville natale pour tuer la reine Clytemnestre sa mère et le nouveau roi Egisthe  meurtrier d’Agamemnon son père, l’ancien roi. Derrière ce côté Hamlet un peu trop criant, cette pièce de théâtre est un hymne total à la liberté chère à l’auteur. Liberté illustrée par le personnage d’Oreste en opposition avec sa sœur Electre, la foule de la ville, les conventions. Oreste est un surhomme lucide qui assume la pleine responsabilité de ses actes et se débarrasse ainsi de la culpabilité, du remords et de l’empreinte du pouvoir religieux symbolisé par Jupiter. Oreste est un héros existentialiste, un modèle que Sartre veut exemplaire. Du théâtre existentialiste avec des ficelles philosophiques un peu trop voyantes.

15.06.2009

Le respect des morts (+) - Amadou Koné

Primée au concours Théâtral Inter africain, Le respect des morts est une pièce brève qui met en scène un petit village bouleversé par la mise en place d'un barrage dans la région par les autorités. Il faut déménager, mais alors et les ancêtres, leur terre ? Le chef du village - en accord avec les notables - est contre le projet alors que son propre fils est pour, conscient des bienfaits du barrage, ignorant des malédictions des ancêtres, des coutumes ? Toujours est-il que le sorcier du village réclame le sacrifice d'un petit enfant au nom des ancêtres pour que s'effondre le barrage. Mais peut-on en venir à bout de la marche inéluctable de la modernité et de ses bienfaits et ses méfaits ? Quel est le prix à payer pour avancer dans la modernité ? Prix collectif, prix individuel ? Eternel débat dans lequel l'Afrique se perd encore et qui est plutôt bien mis en scène dans cette pièce, même si tout ça est vraiment, vraiment très rapide.

09.06.2009

La mort de Chaka - Seydou Badian

book_cover_la_mort_de_chaka_226_250_400.jpgLa mort de Chaka est une pièce de théâtre qui met en scène la fin du légendaire despote et conquérant Zulu. Les généraux de Chaka n’en peuvent plus de la soif expansionniste et sanguinaire de leur chef. S’ils craignent d’être massacrés en s’opposant aux désirs de leur chef, ils ne sont pas assez téméraires pour aller jusqu’au bout de leurs idées et mener le complot jusqu’à son terme, c'est-à-dire l’exécution de Chaka. Ayant eu vent de la défection de ces généraux qui n’ont plus soif de victoires, Chaka est freiné dans son désir de les mettre à mort par un de ses fidèles lieutenants. La conséquence directe sera sa mort. Peu importe, à la fin, il aura remporté sa dernière grande bataille qui avait poussé justement les généraux à bout. Et surtout, avant de mourir, il annonce l’arrivée de l’homme blanc et de toutes les misères pour ceux qui l’ont tué. Cette pièce est assez brève et me laisse sur ma faim. Le contexte historique n’est pas assez mis en valeur et les personnages sont assez peu recherchés, la situation est simple et assez peu fouillée. Les thèmes ne sont pas particulièrement développés, de la trahison e politique, jusqu’à la satiété de l’ambition, la mort de Chaka ne semble valoir que pour ses derniers instants et la prophétie de Chaka. Bof.

 

28.05.2009

Huis clos - Jean Paul Sartre

huis clos.jpgTrois personnages enfermés dans un salon second empire, un homme, deux femmes. Garcin, Inès, Estelle. Morts, ils sont en enfer. Inventivité cruelle, le châtiment est la promiscuité avec autrui. Sartre joue avec économie et brièveté autour de cette idée géniale. Cette pièce est puissante de thèmes inépuisables, le désir triangulaire et mimétique, le miroir et le regard, le public et le privé. Sartre crée un enfer original avec quelques traits de génie comme l’absence de repos et de battements de paupières, l’écoulement différent du temps, les visions de l’au-delà. Puissant.

 

14.05.2009

De la chaire au trône - Amadou Koné

chaire au trone.jpgCette petite pièce met en scène un pays imaginaire où le prince, élu pour une durée déterminée, peut jouir de toutes les richesses et filles du pays tout en sachant que son destin est la mort programmée pour la fin de son mandat. Seulement voilà que le dernier prince en date refuse et s'embarque dans une résistance symbolique. Face à une jeune fille qu'il a choisie, il raconte sa vie précédente et son ardent désir de liberté, d'égalité pour tous. Onirique, engagée, cette pièce n'est pas vraiment originale dans son propos et pas vraiment non plus dans le cadre qu'elle définit. Rien de bien mauvais, rien de spécialement bon, on navigue dans un entre-deux peut-être dû à l'extrême brièveté de la pièce qui ne permet pas de mettre en valeur le message, le contexte, les valeurs, les personnages et l'ambiance. Cette pièce paraissait pourtant prometteuse.